Brésil : Le 2e tour des élections présidentielles opposera Dilma Rousseff et Aecio Neves

Le second tour s’annonce indécis

Brasilia, 8 octobre 2014 (Apic). Plus de 142 millions d’électeurs brésiliens ont voté dimanche 5 octobre pour élire leur président, ainsi que leurs 27 gouverneurs, 513 députés fédéraux, 1’069 députés régionaux, et un tiers du Sénat (27 sièges), parmi plus de 26’000 candidats. Comme le laissait penser les sondages des deux dernières semaines, l’actuelle présidente Dilma Rousseff, candidate du Parti des Travailleurs (PT) affrontera Aecio Neves du Parti Social Démocrate Brésilien (PSDB) au second tour de élection présidentielle qui se déroulera le 26 octobre et qui s’annonce serrée.

Dilma Rousseff a capitalisé 41,6% des voix. Aecio Neves a obtenu pour sa part 33,6%, alors que Marina Silva, longtemps pressentie pour être présente au second tour voire même devenir la nouvelle présidente du Brésil, n’a finalement obtenu que 21,3 % des suffrages, soit à peine plus que les 20% obtenus en 2010. Un résultat qui lui donne tout de même le rôle d’arbitre pour un second tour qui s’annonce serré. Si la candidate du Parti Socialiste Brésilien (PSB), n’a toujours pas donné de consignes officielles de vote, elle a tout de même déclaré, au lendemain du scrutin : « Le Brésil a clairement affirmé qu’il est en désaccord avec le pouvoir en place», laissant entrevoir un possible ralliement à Aecio Neves.

Le Parti des Travailleurs en net recul

Concernant les élections législatives, le Parti des Travailleurs (PT) demeure, avec 70 sièges, le premier parti du pays en termes de députés. Mais, marqué par de nombreux scandales de corruptions, le parti cher à Luiz Ignacio Lula da Silva, dit Lula, président du Brésil entre 2002 et 2010, a néanmoins perdu 16 députés (soit 18,6 % des sièges) par rapport à 2010, et n’a jamais été aussi faible depuis 2002. A l’inverse, le PSDB a gagné 11 sièges de plus par rapport à 2010 et compte désormais 55 députés. Pour le reste, cette élection législative a été marquée par une fragmentation encore plus importante de hémicycle puisque ce sont désormais les représentants de 28 partis différents qui vont siéger à Brasilia, au lieu de 22 en 2010.

Un tiers des électeurs se sont abstenus, ou ont voté blanc ou nul.

Autre enseignement de ce scrutin national? Dans un pays où le vote est obligatoire, sur 143 millions d’électeurs, 29% ne se sont pas rendus aux urnes, ont voté blanc ou nul. Ce nombre est le plus élevé depuis les élections de 1998. Il est notamment supérieur au nombre de suffrages qui se sont portés sur Marina Silva et pas de celui obtenu par Aecio Neves. Pourtant, de l’avis de nombreux observateurs de la vie politique, ce résultat n’est finalement pas une surprise au regard des mouvements sociaux qui ont agité le pays en juin 2013. A l’époque, des millions de brésiliens avaient exprimé une forte défiance de la population à l’égard des politiques et leurs capacités à résoudre les problèmes des citoyens. (apic/jcg/mp)

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