La religion a finalement pesé moins que prévu à l’heure de voter
Brasilia, 8 octobre 2014 (Apic) Le vote des électeurs évangélistes a longtemps été au centre des interrogations et des spéculations concernant les élections présidentielles brésiliennes du 5 octobre. Or, selon le Département Intersyndical de Conseil Parlementaire (Diap), les convictions religieuses des électeurs n’ont pas influé sur leur vote.
Lors de l’élection présidentielle, marquée par la présence de deux candidats issus d’Eglises évangélistes, le facteur religieux a relativement peu pesé au moment du scrutin. Ainsi, dans les 60 municipalités comprenant la plus importante proportion d’évangélistes de tout le pays, Dilma Rousseff (PT), a obtenu 46,58 % des voix, soit un résultat au dessus de sa moyenne nationale de 41,6%. Marina Silva (PSB), pour sa part, fidèle de l’Assemblée de Dieu, a obtenu dans ces municipalités 21,7 % des voix, soit un nombre de suffrages proche de son résultat au niveau national de 21,3%. Quant à Aecio Neves (PSDB), qui affrontera Dilma Rousseff au second tour, il a obtenu 29,8 % des voix, soit près de 4 % de moins qu’au niveau national (33,6%).
Dans le cadre des élections locales, destinées à désigner les gouverneurs, sénateurs et députés de chaque état, la tendance observée au niveau national s’est confirmée. Ainsi, dans l’état de Rio de Janeiro, le sénateur Marcello Crivella du Parti Républicain Brésilien (PRB), évêque de l’Église Universelle du Royaume de Dieu (IURD) est certes en ballotage pour être élu gouverneur au second tour. Mais les estimations préliminaires données par Département Intersyndical de Conseil Parlementaire (Diap) évaluent seulement à 52 le nombre maximum d’élus évangélistes. Loin de l’objectif affiché d’obtenir 100 députés à l’assemblée de l’Etat de Rio de Janeiro.
Plusieurs hypothèses sont d’ores et déjà avancées pour expliquer ce phénomène. Pour le politologue Cesar Romero Jacob, enseignant à l’Université Pontificale Catholique de Rio de Janeiro (PUC-Rio), deux phénomènes peuvent expliquer cette attitude au moment de voter. «Il y a d’abord eu l’augmentation de programmes sociaux du gouvernement fédéral qui ont incité les plus démunis, à voter pour le Parti des Travailleurs (PT). Les divisions entre évangélistes peuvent également expliquer que Marina Silva n’a finalement pas eu les résultats imaginés au sein de ce segment de la population. Entre la religion et le porte-monnaie, conclut Cesar Romero Jacob, c’est ce dernier qui a parlé plus fort au moment de voter.» (apic/jcg/mp)
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