«Le climat est très bon, très fraternel»
Rome, 11 ocotbre 2014 (apic) Alors que la première semaine de discussions du Synode extraordinaire des évêques sur la pastorale familiale touche à sa fin, I.MEDIA a rencontré Mgr Paul-André Durocher, le président de la Conférence épiscopale canadienne. L’archevêque de Gatineau estime notamment que les évolutions de pastorale n’entrent pas en contradiction avec un certain développement de la doctrine.
Q. : La première semaine du synode touche à sa fin. Comment décririez-vous le climat général de l’assemblée des évêques jusque-là ? A présent que les sessions des «cercles mineurs» vont commencer, dans quelle direction le synode pourrait-il aller ?
Mgr Paul-André Durocher : Le climat est très bon, très fraternel. Je trouve que l’invitation que le pape nous a faite au début de parler franchement et en s’écoutant humblement a porté ses fruits. Il y a une belle ouverture entre les évêques. A présent nous allons entrer dans l’étape où nous pourrons vraiment discuter les uns avec les autres. Jusque-là, c’était assez formel pendant les interventions : nous parlions chacun à notre tour, sur un sujet seulement. Maintenant nous allons pouvoir discuter de divers points.
Q. : Pour débattre des questions de pastorale familiale, peut-on pour autant faire l’impasse sur les questions doctrinales ? Pour faire évoluer la pastorale, est-il possible de faire évoluer la doctrine ?
P-A D. : Le développement de la doctrine a toujours fait partie de la vie de l’Eglise. Ce n’est pas un changement mais un approfondissement, à mesure que l’enseignement de l’Evangile se confronte à de nouvelles situations que nous n’avions pas prévues jusque-là. Nous voyons des réalités nouvelles autour de nous au sujet de la famille et de la vie des couples. Cela nous permet de vraiment découvrir la vie des chrétiens comme une source de réflexion théologique plus profonde. Je pense qu’on a donc le droit de parler du développement de la doctrine afin qu’à partir d’une vérité, qui ne change pas, nous puissions éclairer les réalités qui elles, changent.
Q. : Malgré la diversité des sujets abordés durant ce synode, la thématique complexe des divorcés remariés semble émerger des débats. Devant la presse, le père Federico Lombardi évoquait deux lignes de pensée différentes au sein des pères synodaux. L’une souhaitant défendre l’indissolubilité du mariage sans concession, et l’autre partisane d’une plus grande miséricorde en étudiant les situations «au cas par cas». Une majorité semble-t-elle se dessiner ?
P-A D. : Des pères synodaux sont très préoccupés par la vision d’ensemble du mariage, confronté à de nombreux défis. Il est important pour l’Eglise d’affirmer la fidélité à l’enseignement de Jésus. Et tous sont d’accord avec cet enseignement. Mais si pour certains cela est primordial, d’autres pensent que tout en réaffirmant l’enseignement de Jésus, on peut mieux accompagner ceux et celles pour qui cet enseignement-là est devenu impossible dans leur propre vie. Ce n’est pas une question de plus ou moins de miséricorde. C’est une question de jugement pastoral. Il s’agit de voir quel est le chemin qui nous permet de tenir à la vérité à laquelle nous croyons tout en ayant le souci que tous, nous portons pour les individus. Je ne pense pas qu’une ligne soit plus majoritaire qu’une autre, seulement quelques voix se sont prononcées sur ce sujet en réalité.
Q. : Quelle est votre opinion personnelle sur ce sujet ?
P-A D. :Personnellement, je trouve qu’il faut regarder cette question dans une pastorale d’ensemble. Je crois qu’il est possible de trouver des chemins pour les individus dans certaines situations tout en professant clairement notre enseignement sur la vérité. Il faut trouver des pistes et les explorer de façon créative. Il y a de nombreuses idées. Hier, nous avons fait appel à une idée de chemin pénitentiel, pas le même que celui des orthodoxes, mais inspiré. Nous avons aussi évoqué des occasions particulières, comme des jubilées de grâce. Mais c’est encore prématuré pour commencer à se prononcer sur des solutions concrètes. Je souhaite d’abord écouter. (apic/imedia/bl/mp)
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