Synode sur la famille : Le métropolite orthodoxe de Belgique présente la pratique orthodoxe du remariage

Rome, 11 octobre 2014 (apic) Le métropolite Athénagoras de Belgique est intervenu le 10 octobre 2014 comme délégué du patriarcat œcuménique de Constantinople au synode sur la famille pour exprimer la position de l’Eglise orthodoxe. Son exposé été attentivement suivi car de nombreux évêques catholiques souhaiteraient s’inspirer de la pratique orthodoxe concernant le mariage et le remariage qui privilégie la miséricorde.

«Notre Eglise veut toujours rester une aide pour ceux qui souffrent», a d’emblée souligné le métropolite. C’est assurément le cas lorsque le mariage a cessé d’être une réalité à cause de la faiblesse humaine. Cette approche pastorale, estime que le deuxième mariage sera toujours une déviation par rapport à l’idéal d’un mariage unique, mais aussi souvent une nouvelle chance pour corriger une faute, a explique le délégué orthodoxe

L’«économie» dans l’Eglise orthodoxe l’application souple des directives canoniques et ecclésiastiques dans la direction et dans la vie de l’Eglise. La mise en œuvre de l’économie n’est réalisée que par l’évêque et ne vaut que pour des cas concrets, mais ne crée aucun précédent, a précisé Athénagoras.

Le délégué orthodoxe a relevé que chaque situation particulière doit bénéficier d’un accompagnement pastoral qui tente de réconcilier les conjoints. Si vraiment ce n’est pas possible, on peut envisager un remariage.

Ni trop moralisateur ni trop rigide

Le deuxième aspect pour le métropolite est « qu’on ne doit être ni trop moralisateur ni trop rigide envers les jeunes, sous peine de ne pas être écouté. Parmi nos jeunes ils y en a qui ne sont pas encore suffisamment engagés dans l’Eglise pour dire: ›Nous allons nous marier parce que notre couple, notre future famille sera une cellule d’Eglise, et donnera un exemple d’engagement évangélique’. Il arrive pourtant qu’ils vivent quelque chose de vrai qui les prépare à un amour durable, et que ces jeunes se tournent finalement vers l’Eglise. Ici le rôle du prêtre est d’une importance pour proposer le sens de l’amour et du mariage. Dans ces cas là, nous pourrons mieux leur expliquer – sans jugement – qu’ils se privent d’une grâce mais que le moment venu ils pourront toujours la recevoir».

La pratique orthodoxe recommande aussi la réception fréquente de l’eucharistie comme la nécessaire rencontre avec le Christ et demande aux prêtre de la donner volontiers, a en outre rappelé le métropolite belge. Selon saint Séraphim de Sarov, «la grâce qu’elle nous donne est tellement grande que tout homme, fut-il le plus grand des pécheurs, s’il approche du Seigneur avec humilité et contrition de ses fautes, est complètement purifié et renouvelé».

Libre choix de la contraception

En ce qui concerne les pratiques anticonceptionnelles, l’Église orthodoxe, en général, se contente de rappeler le sens de l’amour, mais laisse le choix des méthodes à la conscience de l’homme et de la femme, avec l’aide, s’ils le souhaitent, de leur père spirituel, a précisé le métropolite belge.

Au moment de la publication d’Humanae Vitae, par le pape Paul VI, le patriarche oecuménique Athénagoras, avait déclaré que l’Église doit faire comprendre aux hommes et aux femmes de ce temps que l’amour est possible, que la vraie rencontre veut la fidélité, que la puissance amoureuse de l’homme peut ainsi se transfigurer, et, disait le patriarche, «si un homme et une femme s’aiment vraiment, je n’ai pas à entrer dans leur chambre, tout ce qu’ils font est saint». (apic/infocatho.be/mp)

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