Synode sur la famille: Des éléments positifs présents dans certaines unions en dehors du mariage
Rome, 13 octobre 2014 (Apic) Le cardinal hongrois Péter Erdö, rapporteur général du Synode des évêques sur la famille, a dressé dans la matinée du 13 octobre 2014 le bilan à mi-parcours après une semaine d’interventions. La «Relatio post disceptationem» a notamment souligné les «éléments positifs» présents dans certaines unions en dehors du mariage catholique, comme les concubinages, les mariages civils ou les couples divorcés remariés. L’assemblée synodale s’est également demandée comment l’Eglise pouvait être «une maison accueillante» pour les homosexuels.
Comme prévu, le rapport lu par le cardinal Péter Erdö contient davantage de questions que de décisions mais propose aussi des pistes de travail en invitant l’Eglise à ne pas «se limiter à une annonce purement théorique et détachée des problèmes réels des personnes», en encourageant notamment à une «conversion du langage».
Lors de la seconde semaine de ce premier synode, les participants doivent en effet débattre en cercles linguistiques. Puis la réflexion de l’Eglise se poursuivra jusqu’au synode chargé de faire des propositions au pape et qui se tiendra du 4 au 25 octobre 2015, sous le thème «La vocation et la mission de la famille dans l’Eglise dans le monde contemporain».
Le cardinal Erdö est notamment revenu sur le principe de «gradualité», sur le modèle de ce qu’affirme le Concile Vatican II (1962-1965), à savoir que des «éléments de sanctification» peuvent se trouver y compris en-dehors de l’Eglise. Ainsi, le haut prélat s’est interrogé sur ces «éléments positifs» dans les «formes imparfaites» d’union, hors de la «plénitude sacramentelle du mariage».
Il appartient à l’Eglise, a-t-il soutenu, de les reconnaître dans des situations dites ›irrégulières’: concubinages, mariages civils ou encore couples divorcés remariés. «L’Eglise se tourne avec respect vers ceux qui participent à sa vie de manière incomplète et imparfaite, appréciant plus les valeurs positives qu’ils conservent que leurs limites et leurs manquements», a-t-il poursuivi. «Une nouvelle sensibilité de la pastorale d’aujourd’hui consiste à comprendre la réalité positive des mariages civils et, compte tenu des différences, des concubinages», a-t-il encore affirmé.
A mi-parcours, le cardinal Erdö a assuré que les pères synodaux avaient ressenti le besoin de «choix pastoraux courageux» pour «soigner les familles blessés», en particulier les personnes divorcées remariées. Au terme d’une semaine de discussions, le synode n’a évidemment pas tranché entre le maintien de la discipline actuelle «en vertu de son fondement théologique» et «une plus grande ouverture à des conditions bien précises». «Pour certains, a cependant expliqué le cardinal hongrois, il faudrait que l’éventuel accès aux sacrements soit précédé d’un chemin pénitentiel – sous la responsabilité de l’évêque diocésain –, et avec un engagement évident en faveur des enfants». Et de préciser qu’il s’agirait «d’une situation non généralisée, fruit d’un discernement réalisé au cas pas cas, suivant une règle de gradualité, qui tienne compte de la distinction entre état de péché, état de grâce et circonstances atténuantes».
La première semaine de travail a relevé une fois encore la nécessité de rendre «plus accessibles et allégées» les procédures de reconnaissance des cas de nullité du mariage. Il a été notamment proposé de pouvoir se passer de l’obligation de la double sentence dans ces procédures, d’ouvrir une voie administrative sous la responsabilité de l’évêque diocésain, ou encore d’entamer un procès sommaire dans les cas de nullité notoire.
L’accueil des personnes homosexuelles occupe une place non négligeable dans la Relatio du rapporteur général. Si les unions homosexuelles «ne peuvent pas être assimilées au mariage entre un homme et une femme», rappelle le cardinal hongrois, «les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne». Et le haut prélat de poser plusieurs questions : «Sommes-nous en mesure d’accueillir ces personnes en leur garantissant un espace de fraternité dans nos communautés ? Souvent, elles souhaitent rencontrer une Eglise qui soit une maison accueillante. Nos communautés peuvent-elles l’être en acceptant et en évaluant leur orientation sexuelle, sans compromettre la doctrine catholique sur la famille et le m ariage?»
Si le synode a jugé inacceptable que l’on veuille «exercer des pressions sur l’attitude des pasteurs, ou que des organismes internationaux soumettent les aides financières à la condition d’introduire des lois s’inspirant de l’idéologie du gender», il a regardé avec bienveillance la situation des couples homosexuels. «Sans nier les problématiques morales liées aux unions homosexuelles, on prend acte qu’il existe des cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires», a assuré le cardinal Erdö avant d’ajouter que «l’Eglise prête une attention spéciale aux enfants qui vivent avec des couples du même sexe, en insistant que les exigences et les droits des petits doivent toujours être au premier rang». (apic/imedia/ami/mm/pp)
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