Tibhirine: Le juge Trévidic procède à l'analyse des crânes des moines assassinés en 1996

L’examen devrait mener aux meurtriers

Le juge Trévidic assiste depuis le 14 octobre 2014 à l’exhumation des têtes des religieux assassinés en 1996, indique le quotidien français «La Croix». La tête d’un premier religieux a été exhumée hier en Algérie sous les yeux du juge Trévidic chargé d’élucider l’origine de la mort des sept moines en 1996. Les autres têtes devraient être exhumées et analysées ce mercredi 15 octobre 2014.

L’examen de ces restes doit permettre d’établir si les moines ont ou non été tués par balles et si oui, de savoir sous quel angle celles-ci ont été tirées. Les photos de têtes réalisées au moment de l’inhumation des religieux – transmises aux autorités françaises – ne laissaient pas apparaître d’éclats de balles.

Mais le juge d’instruction ne se satisfaisait pas de ces seuls clichés. Il tenait à voir de ses yeux les dépouilles. En effet, chose rarissime, aucune autopsie n’avait été réalisée au moment des faits.

Lors de la guerre civile commencée en 1991, les islamistes qui souhaitaient renverser le régime avaient fait des étrangers un enjeu crucial. Fin 1993, ils avaient donné un mois aux moines pour quitter le pays sous peine de mort, estimant que leur maintien dans les lieux constituait un soutien au régime en place. Les religieux avaient refusé.

En avril 1993, le Groupe Islamique Armé (GIA) revendique leur enlèvement et, un mois plus tard, leur mort. La décapitation est alors considérée comme la «signature» du GIA. Mais des témoignages de militaires et policiers algériens vont remettre en cause cette thèse. Ils évoquent une manipulation des services algériens en vue de retourner l’opinion contre les islamistes.

Vers un dénouement

Plusieurs indices laissent par ailleurs penser que les autorités seraient directement mêlées à l’enlèvement des moines. Certains accréditent même la thèse d’une bavure de l’armée algérienne qui, à l’époque, ratissait en hélicoptère la région et n’hésitaient pas tirer sur les bivouacs de supposés islamistes.

Pour élucider le meurtre des moines, il est donc impératif de savoir si les têtes présentent ou non des impacts de balles, et si les décapitations ont eu lieu ante ou post mortem. L’autopsie menée aujourd’hui est d’une grande importance mais elle ne suffira pas, à elle seule, à boucler l’enquête. Elle permettra au moins, en cas de résultats probants, d’écarter certains témoignages et d’en accréditer d’autres. Mais pas de connaître l’identité précise des meurtriers.

Marc Trévidic souhaiterait également interroger une vingtaine de témoins cruciaux à ses yeux. Mais les autorités algériennes le lui refusent, estimant que c’est au juge d’instruction algérien en charge de dossier de le faire. Ce dernier a d’ailleurs commencé. Marc Trévidic attend toujours la copie des procès-verbaux d’audition. Le dialogue avec les autorités algériennes reste très délicat. (apic/lacroix/mb/pp)

Pour lire l’article sur le site de «La Croix»: http://www.la-croix.com/Actualite/France/Moines-de-Tibhirine-l-examen-des-tetes-devrait-mener-aux-meurtriers-2014-10-15-1249472

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