Fribourg : Dimanche universitaire le 30 novembre 2014

Le quotidien d’un prêtre professeur, aux carrefours de la quête spirituelle

Fribourg, 30 octobre 2014 (Apic) Chaque année, les catholiques suisses sont appelés le 1er dimanche de l’Avent, cette année le 30 novembre, à soutenir ›leur’ Université de Fribourg. La présence en son sein d’une Faculté de théologie constitue sans doute l’une des raisons majeures de ce soutien. A cette occasion, l’abbé François-Xavier Amherdt professeur de théologie pastorale, pédagogie religieuse et homilétique revient sur son engagement au carrefour de la quête spirituelle.

Q.: Vous affirmez vouloir vous placer au carrefour des aspirations éthiques et spirituelles contemporaines. Expliquez-vous !

F-X A : Après mes fonctions antérieures plus explicitement engagées sur le terrain pastoral je perçois ma charge académique comme un lieu de convergence de mes expériences précédentes, accumulées durant mes trente ans de sacerdoce. J’expérimente quotidiennement la grâce de pouvoir exercer mon ministère presbytéral dans ce contexte académique et bilingue, au carrefour des aspirations éthiques et spirituelles contemporaines.

Ma chaire de théologie pastorale, de pédagogie religieuse et d’homilétique se trouve à l’interface entre l’univers de la recherche et de l’enseignement scientifique et la réalité pastorale de l’Eglise du XXIe siècle.

Q.: Qu’est ce que cela signifie concrètement ?

F-X A : Mon enseignement s’adresse, pour la plupart des destinataires, à de futurs agents pastoraux, prêtres, diacres, laïcs, religieux et religieuses de tous pays. Cela implique que je conserve moi-même une insertion concrète dans la vie ecclésiale, afin de pouvoir au mieux préparer les étudiant-e-s à relever les défis qui les attendent. Un prêtre diocésain est, en quelque sorte, un généraliste. La théologie pratique se situe dans une certaine mesure au carrefour des autres disciplines théologiques que sont l’exégèse biblique, l’histoire de l’Eglise, la dogmatique et la morale. Il s’agit d’articuler une réflexion scientifique pertinente sur l’agir ecclésial à l’époque actuelle.

Q.: Votre enseignement comprend donc une part essentielle de service ?

F-X A : Avec mon homologue germanophone, le professeur Salvatore Loiero, nous tentons de mettre les ressources de l’enseignement et des recherches de nos deux chaires au service des diocèses suisses, notamment à travers notre Centre d’étude pastorales comparées fraîchement créé. Ou encore en collaborant au Centre catholique romand de formations en Église (CCRFE), qui rassemble désormais à Fribourg toutes les formations initiales et continues des agents pastoraux de Suisse romande.

Des collaborations interdisciplinaires et interfacultaires concernant des publications, des colloques, des manifestations favorisent aussi le rayonnement de la Faculté et de l’Université, comme les Forums Fribourg Église dans le monde, co-organisés en octobre avec l’Institut pour les religions et le dialogue interreligieux.

Q.: Aujourd’hui qui parle de théologie parle forcément d’œcuménisme.

F-X A : La place de Fribourg au centre de la Suisse et le bilinguisme de notre Université facilitent nos intenses collaborations œcuméniques, pour moi, jusqu’à cette année, avec les collègues de la Faculté réformée de Neuchâtel, et suisses avec les Facultés catholiques de Coire, Lucerne et Lugano et le groupe de travail des théologiens suisses de la pastorale.

Q.: La perspective catholique ne s’arrête pas à Fribourg, ni à la Suisse…

F-X A : Notre Faculté de théologie rend d’éminents services à l’Église universelle, puisqu’elle compte des étudiant-e-s de 46 nationalités. Elle permet par exemple à des étudiants d’Inde, de Chine, d’Afrique, du Brésil, ou des Etats-Unis de faire un master ou un doctorat. Les doctorants que j’accompagne proviennent d’une dizaine de pays et cette diversité de contextes et de problématiques est un enrichissement.

En étant directeur adjoint de la principale revue francophone de pastorale et catéchèse Lumen Vitae (Bruxelles, Paris, Montréal, Québec, Italie, Fribourg), j’essaye aussi de profiler les activités de notre Faculté au sein du réseau francophone, par exemple lors des colloques à l’Institut supérieur de pastorale catéchétique de Paris, ou par le biais de l’Équipe européenne de catéchèse et de la Société internationale de théologie pratique.

Q.: Nous avons parlé du professeur, parlons aussi du prêtre.

F-X A : J’essaie de porter dans l’eucharistie quotidienne, la prière de l’office des heures, l’oraison et l’adoration, à la fois les soucis des étudiants et des collègues et le témoignage de communion, de vérité et d’humilité que l’Eglise catholique est appelée à donner au sein de notre monde déchiré. En célébrant la messe d’ouverture d’automne 2014, placée sous le signe du Jubilé 125 de notre Alma Mater, comme des mariages, des baptêmes ou des funérailles, en prêchant des journées de récollections ou des retraites spirituelles, en animant toutes sortes de journées et sessions de formation pour des groupes divers, j’essaie de garder un enracinement pastoral et de maintenir le contact avec les communautés chrétiennes d’aujourd’hui.

Le Dimanche universitaire

Le dimanche universitaire est traditionnellement le premier dimanche de l’Avent. Ce jour-là la quête est prélevée dans toutes les paroisses catholiques de Suisse en faveur de l’Université de Fribourg. Le montant ainsi récolté doit être affecté exclusivement à la couverture des besoins de l’Université. A ses débuts, la quête procurait à l’Université de Fribourg le tiers de ses revenus. Suite au soutien des universités par la Confédération et les cantons, le produit de la quête ne constitue plus qu’une petite part du budget, mais il reste un apport important pour la réalisation de projets liés à la spécificité d’une université qui veut offrir à ses étudiant-e-s, outre un enseignement de qualité, une réflexion sur les valeurs éthiques.

En 2014 les attributions de la quête 2013 ont été les suivantes :

200’000.– francs au Pôle de compétences en éthique, y compris Institut d’éthique et des droits de l’homme.

30’000 francs à divers projets de recherche / Forum des religions

20’000 francs pour des publications scientifiques à réflexion éthique pour toutes les facultés

10’000 francs au Département de théologie pastorale

18’000 francs pour des bourses à des étudiants de pays émergents

20’000 francs pour l’accompagnement spirituel des étudiant-e-s

15’000 pour l’organisation de la quête

5’000 francs pour le Prix d’éthique

Au total 318’000 francs ont été ainsi attribués.

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/le-quotidien-d-un-pretre-professeur-aux-carrefours-de-la-quete-spirituelle/