«Se séparer des autres pour ne pas se salir est la plus grande des saletés»

Rome: Le pape François aborde la vie et la formation des prêtres

Rome, 11 novembre 2014 (Apic) «Parmi les principales responsabilités du ministère épiscopal figure celle de confirmer, soutenir et consolider vos premiers collaborateurs», a affirmé le pape François dans une message aux évêques italiens qui tiennent leur 67ème assemblée plénière, consacrée à la vie et la formation des prêtres, du 10 au 13 novembre 2014 à Assise.

Dans cette lettre, reprise par Radio Vatican, le pape affirme aux évêques: «Combien en avons-nous connus! Combien ont contribué, par leur témoignage, à nous attirer vers une vie consacrée! Dans la mémoire reconnaissante du cœur, chacun de nous en conserve les noms et les visages. Nous les avons vu passer leur vie parmi les gens de nos paroisses, éduquer les enfants, accompagner les familles, visiter les malades à la maison et à l’hôpital, prendre en charge les pauvres, conscients que ‘se séparer des autres pour ne pas se salir est la plus grande des saletés'», écrit-il, citant l’écrivain russe Léon Tolstoï.

Un chemin de sainteté

«Les prêtres saints sont des pécheurs pardonnés et instruments de pardon, poursuit-il. Leur exigence parle la langue de la patience et de la persévérance, ils ne sont pas restés des ‘touristes de l’esprit’, éternellement indécis et insatisfaits», martèle le pape, rappelant que la vie sacerdotale est avant tout un chemin de sainteté. «Cette conscience grandit avec la charité pastorale avec laquelle ils entourent d’attention et de tendresse les personnes qui leur sont affiliées, jusqu’à les connaître une à une.»

François rappelle que le séminaire doit préparer les prêtres à la radicalité du don de soi.

«Ces choses ne s’improvisent pas: le précieux travail de formation du séminaire les forge et l’ordination les consacre pour toujours hommes de Dieu et serviteurs de son peuple. Mais il peut arriver que le temps refroidisse le généreux dévouement des débuts et il est alors vain de coudre de nouveaux pansements sur un vieux costume: l’identité du prêtre, parce qu’elle vient d’en haut, exige de lui un chemin quotidien de réappropriation, à partir de ce qui en a fait un ministre de Jésus-Christ.»

Ni cléricaux, ni fonctionnaires

D’où l’importance d’une formation permanente qui permette aux prêtres de revenir régulièrement à la source. «La formation dont nous parlons est un expérience de disciple permanent, qui rapproche du Christ et permet de se confronter toujours plus à Lui. La formation en tant que disciple accompagne toute la vie du ministre ordonné et concerne intégralement sa personne et son ministère. La formation initiale et la formation permanente sont deux moments d’une seule réalité: le chemin du disciple, amoureux de son Seigneur et constamment à sa suite. Pour le reste, vous savez que les prêtres cléricaux ne servent à rien. Leur comportement risque d’éloigner les gens du Seigneur. Quant aux prêtres fonctionnaires, tout en jouant un rôle, ils recherchent loin de Lui la propre consolation.» (apic/rv/pp)

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