Nigeria: Rencontre entre le président Goodluk Jonathan et les évêques catholiques du pays

Inquiétudes face à la violence de Boko Haram

Abuja, 14 novembre 2014 (Apic) La Conférence des évêques catholiques du Nigeria a rencontré, le 13 novembre 2014, le président Goodluck Jonathan. Les prélats ont exprimé les inquiétudes et la préoccupation des catholiques du pays face à la violence du groupe islamiste Boko Haram.

Lors de la rencontre à huis-clos, les évêques ont rappelé au chef de l’Etat que de nombreux prêtres avaient été enlevés par les membres de la secte islamiste et que d’autres avaient dû fuir avec des réfugiés.

Selon Mgr Ignatius Ayau Kaigama, archevêque de Jos, dans le nord du Nigeria, les évêques ont jugé nécessaire d’informer le président sur les conditions de vie désastreuses des victimes du terrorisme. Il a expliqué que même si Boko Haram avait d’autres cibles que les chrétiens, ces derniers étaient ceux qui souffraient le plus des violences. « Par exemple, l’évêque de Maiduguri vous dira combien de ses paroisses ont été détruites. Son petit séminaire, son couvent et les cliniques où travaillaient des sœurs ont été détruits aussi », a souligné Mgr Kaigama.

Collaboration Eglise-Etat pour les victimes?

« Même s’il est certain que des musulmans sont également visés, nous pensons que le principal objectif de Boko Haram est d’éliminer le christianisme et d’ouvrir la voie à l’islamisation totale du pays », a ajouté l’archevêque de Jos.

Evoquant l’assistance humanitaire aux victimes, il a indiqué que l’Eglise souhaitait collaborer avec les pouvoirs publics, relevant qu’elle possède une structure efficace (la Commission justice et paix) sur laquelle le gouvernement peut s’appuyer. Cette commission a l’expérience technique nécessaire pour l’enregistrement des personnes déplacées et elle est en mesure d’atteindre efficacement celles qui sont le plus dans le besoin, a affirmé le prélat.

Le président Jonathan a assuré aux évêques qu’il était au courant de la situation et qu’il examinait diverses stratégies pour mettre fin à la violence de Boko Haram. « Par la grâce de Dieu, la vague de terrorisme que nous vivons sera bientôt du passé », aurait déclaré le chef d’Etat aux prélats.

Selon le quotidien nigérian « Vanguard » du 14 novembre, l’armée a reconnu, la veille, pour la première fois, que certaines parties du territoire nationale étaient contrôlées par les terroristes de Boko Haram. (apic/ag/ibc/rz)

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