Une visite pour «réveiller la vieille Europe de sa torpeur»
Strasbourg, 23 novembre 2014 (Apic) Fait peu coutumier, l’Allemand Martin Schulz, président du Parlement européen, a signé l’éditorial de L’Osservatore Romano, le quotidien du Vatican, du 23 novembre 2014. Prenant la plume contre les opposants à la visite du pape François au Parlement européen et au Conseil de l’Europe, deux jours plus tard, Martin Schulz explique qu’elle n’est pas «une attaque contre la laïcité des institutions européennes». Au contraire, écrit-il, cette visite pourra «réveiller la vieille Europe de sa torpeur».
«La visite du pape n’est pas une attaque contre la laïcité des institutions européennes», écrit ainsi Martin Schulz pour calmer les esprits de certains eurodéputés ou même des activistes du mouvement des Femen, qui ne digèrent pas la venue du pape François à Strasbourg, le 25 novembre prochain. Pour le président du Parlement européen, «la laïcité ne veut pas dire nier le pluralisme sur lequel l’Europe est fondée (…) Au contraire, la laïcité signifie autonomie, impartialité, garantie et liberté, non pas introspection».
Martin Schulz souligne que «l’Eglise a toujours soutenu l’Europe dans sa croissance» et a notamment «contribué de manière cruciale à sa réunification», évoquant au passage le rôle historique de Jean Paul II dans «le processus qui mit un terme au joug soviétique, en soutenant la demande de liberté de millions de citoyens de l’Europe centrale et orientale». Le pape polonais avait visité les institutions européennes en 1988, un an avant la chute du Mur de Berlin.
Pour le président du Parlement européen, la présence à Strasbourg du pape ‘venu du bout du monde’, pourra contribuer «à réveiller la vieille Europe de sa torpeur et à la faire revenir au milieu des gens et dans ses périphéries». Il y a un programme à partager et une voie commune à parcourir, indique Martin Schulz. «Cette voie doit conduire l’Europe vers ses périphéries, matérielles et immatérielles, géographiques et spirituelles».
Le 30 octobre dernier, à moins d’un mois de sa visite au siège des institutions européennes à Strasbourg, le pape François avait reçu en audience au Vatican Martin Schulz. Après sa visite, le président du Parlement européen avait notamment confié que le pape était à ses yeux «un point de référence (…) à une époque où nombreux sont ceux, en revanche, qui sont désorientés». (apic/imedia/cl/rz)
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