Il fustige l'arrivée dans la région d'un intégrisme terroriste «étranger à l'islam»

Liban: L’ancien président Michel Sleiman chevalier de la grande croix de l’ordre de Pie IX

Rome, 25 novembre 2014 (Apic) L’ancien président de la République libanaise Michel Sleiman a été fait chevalier de la grande croix de l’ordre de Pie IX au Vatican, le 24 novembre 2014. Lors de la cérémonie, il a déploré l’émergence des groupes extrémistes dans la région – un intégrisme terroriste «étranger à l’islam» – ainsi que les souffrances des chrétiens d’Orient. L’homme politique libanais a estimé que l’avenir de ces derniers n’était pas dans une identification avec les régimes autoritaires.

Lors de la cérémonie, à laquelle participait également le patriarche maronite Béchara Raï, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a remercié Michel Sleiman pour son engagement en faveur de la paix lors de sa présidence. Cette décoration, a déclaré le cardinal Parolin, «constitue un appel profond lancé à tous les protagonistes de la vie politique, économique et sociale à travailler pour la paix et la sécurité, en faisant du bien commun un des critères déterminants de chaque décision et chaque choix qui touche au destin des peuples».

Après avoir remercié le secrétaire d’Etat du Saint-Siège de lui avoir remis, au nom du pape François, la distinction de chevalier de la Grand-Croix de l’ordre de Pie IX, Michel Sleiman a souligné que cette haute distinction le confortait dans la voie qu’il avait choisie et lui donnait le courage pour le chemin à parcourir encore. «Elle me pousse à garder vivace en moi ce cri lancé par saint Jean Paul II: ‘Non abbiate paura ! N’ayez pas peur'» !

Le Liban est resté fidèle aux promesses de son baptême

Soulignant que le Liban est resté fidèle aux promesses de son baptême «depuis le jour où les pas du Christ foulèrent notre sol, l’élevant au rang de terre sainte», l’ancien président a qualifié le pays des cèdres de «terre du dialogue, terre de la nécessité». Il a rappelé que le pape Jean Paul II appelait cette terre «Liban-message» et que Benoît XVI le qualifiait ainsi: «Liban, exemple… dans le sanctuaire de Dieu». «C’est dire combien le Saint-Siège a honoré le double engagement du Liban: celui de mettre en œuvre un système politique fondé sur le principe de convivialité entre chrétiens et musulmans sur la base de l’égalité, et celui de promouvoir les libertés de conscience, d’opinion et d’expression, ainsi que les autres libertés connues dans les régimes démocratiques», rapporte le 25 novembre le quotidien libanais «L’Orient-Le Jour».

Un intégrisme terroriste «étranger à l’islam»

Relevant que le Moyen-Orient est plus qu’une région, «c’est une maison commune», l’ancien président libanais a souligné qu’en son cœur «les chrétiens sont partie intégrante et ont toujours épousé ses causes justes. Aujourd’hui, ils ne veulent guère davantage que ce qu’ils réclament pour les autres. En contrepartie, ils ne sauraient accepter moins que ce que les autres exigent pour eux-mêmes».

Et d’affirmer que le Liban «ne peut tolérer de voir se vider la Terre sainte de ses fils chrétiens. Proclamer la judaïté de l’Etat hébreu, agresser le haut lieu saint de l’islam qu’est la Grande Mosquée de Jérusalem et refuser aux Palestiniens le droit d’avoir un Etat propre sont des actes contraires à la logique du devenir humain et qui ne sauraient rétablir la paix», a-t-il lancé. La guerre entamée il y a plus de trois ans en Syrie a submergé le Liban, «au-delà de ses capacités d’absorption, par une arrivée massive de réfugiés qui risque de déstabiliser les structures mêmes du pays».

«La communauté internationale, avec le soutien du Saint-Siège, est appelée non seulement à y faire face, mais à se mobiliser en vue de leur retour dans leur pays», a-t-il poursuivi.

Michel Sleiman déplore la proclamation de la judaïté de l’Etat hébreu

Michel Sleiman a encore fustigé «un intégrisme terroriste, étranger à la religion islamique, [qui] a enflammé nos alentours (…). Il a forcé à l’exode des milliers de chrétiens de leur terre natale en Irak et en Syrie. A maintes reprises, il a tenté de menacer l’existence chrétienne au Liban, de déstabiliser l’intégrité de notre pays et de modifier à jamais la face humaniste de notre Orient», rapporte «L’Orient-Le Jour». Il estimé que l’avenir des chrétiens dans le monde arabe ne consiste guère en une protection militaire étrangère.

«Il n’est pas non plus dans l’identification avec les régimes injustes et autoritaires. Même sur leur croix, leur témoignage ne saurait être qu’en faveur du respect des droits de l’homme, le droit à la liberté de croyance et de culte, et le droit à la participation de toutes les composantes à la gestion de la chose publique commune, compte tenu de l’apport séculaire des chrétiens à la civilisation, et non de leur nombre (…) N’est-ce pas cela que stipule l’Exhortation apostolique du pape émérite Benoît XVI, signée au Liban : Ecclesia in Medio Oriente ? Au nom de cette noble mission, en faveur d’un Moyen-Orient et d’un monde plus humains, il est de notre devoir que le Liban continue à faire exister ce qui, sans lui, ne saurait exister». (apic/orj/imedia/be)

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