Fuir toute «pastorale relativiste»

Rome: Pour évangéliser les grandes villes, le pape appelle à changer de «mentalité pastorale»

Rome, 27 novembre 2014 (Apic) A partir de son expérience personnelle, le pape François a appelé, le 27 novembre 2014, les cardinaux et archevêques d’une trentaine de grandes villes à travers le monde à «un changement de mentalité pastorale». Il a invité les participants à un congrès international de la pastorale des grandes villes à fuir toute «pastorale relativiste», à dialoguer avec les différentes cultures, à valoriser la religiosité des peuples et à partager l’Evangile et le pain avec les plus pauvres.

Avec pédagogie, le pape François est parti de son expérience personnelle d’ancien archevêque de Buenos-Aires, la capitale de l’Argentine, une ville «peuplée et multiculturelle», pour approfondir les défis et les horizons possibles d’une pastorale urbaine dans les mégalopoles du monde. Le pape a appelé deux fois dans son discours à assurer «un changement de mentalité pastorale», jugeant qu’il s’agissait peut-être du point le plus difficile à corriger, et mettant en garde les pasteurs des grandes villes devant le risque d’une «pastorale relativiste». Et le pape de les encourager à développer une pastorale évangélisatrice audacieuse et sans peur, parce que «l’homme, la femme, les familles et les groupes qui habitent la ville attendent de nous, et ils en ont besoin pour leur vie, la Bonne Nouvelle que sont que Jésus et son Evangile».

Ne pas négocier son identité chrétienne

Le pape a invité à dépasser la honte ou la réticence d’annoncer Jésus au travers d’un dialogue avec les différentes cultures qui règnent dans les villes. Mais ce dialogue, a-t-il poursuivi, ne doit pas négocier sa propre identité chrétienne. Au contraire, selon le pape, il doit «rejoindre le cœur de l’autre, des autres différents de nous et semer l’Evangile».

Rappelant que les grandes villes sont aujourd’hui habitées par de nombreux migrants et pauvres, le pape a insisté sur le fait que «Dieu continue à nous parler aujourd’hui, comme il l’a toujours fait, à travers les pauvres». A ce titre, le défi est double, selon le pape. D’une part, il faut accueillir les pauvres et les migrants, et d’autre part valoriser leur foi. Le pape a affirmé qu’il y avait un énorme potentiel pour l’évangélisation des zones urbaines». Il a précisé qu’il était «plus facile de cultiver la foi que de l’aider à naître». Et le pape de souligner doublement son exhortation à l’adresse des pasteurs urbains: «nous devons apprendre à susciter la foi».

Deux noyaux pastoraux

Pour ce faire, le pape François a proposé deux «noyaux pastoraux». En premier lieu, il a exhorté l’Eglise à «sortir» pour «écouter, pour bénir, pour cheminer avec les gens» et l’a encouragée à faciliter la rencontre avec le Seigneur, en rendant accessible le sacrement du baptême, en ouvrant les églises, en arrangeant les horaires des secrétariats pour les personnes qui travaillent, ou en adaptant les contenus et les horaires des catéchèses.

En second lieu, le pape a rappelé que les chrétiens peuvent contribuer à bâtir une ville dans la justice, la solidarité et la paix et que leur témoignage concret de la miséricorde et de la tendresse qui essaye d’être présent dans les banlieues et les périphéries existentielles génèrait une orientation et un sens à la vie de la ville. Le pape a rappelé les ministères sociaux de l’Eglise pour les pauvres et a appelé à collaborer avec ceux qui sont déjà en train de faire des choses très efficaces en faveur des plus pauvres. Et le pontife de préciser que, dans cet espace très propice à la charité, le protagonisme des laïcs et des pauvres eux-mêmes était très important.

Le congrès international pour la pastorale des grandes villes s’est tenu du 24 au 26 novembre à Barcelone, en Espagne, à l’initiative du cardinal Lluis Martinez Sistach, archevêque de la ville. (apic/imedia/cl/rz)

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