Les Eglises appellent l’UE à agir sur un plus large front
Bruxelles, 28 novembre 2014 (Apic) Plus de 800’000 femmes, hommes et enfants sont victimes de la traite des êtres humains dans l’Union européenne aujourd’hui, dénoncent les Eglises. Près de 60% des victimes proviennent de pays de l’UE, estiment les participants au Séminaire de Dialogue avec la Commission européenne. La rencontre était organisée à Bruxelles par la Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE) et la Commission «Eglise et Société» de la Conférence des Eglises européennes (KEK/CEC), le 27 novembre 2014.
«Il devient urgent pour l’UE et ses Etats membres de mettre en œuvre le cadre juridique existant et d’intensifier la coopération avec la société civile et les organisations d’Eglise qui travaillent avec les victimes au niveau local», peut-on lire dans le communiqué des Eglises européennes.
La traite des êtres humains est une forme moderne d’esclavage, une activité criminelle dune grande complexité et une entreprise mondiale lucrative. «On estime que 16% des victimes sont des enfants, parfois vendus pour des sommes allant jusqu’à 40’000 euros. Outre l’exploitation sexuelle et le travail forcé, la traite des êtres humains prend de nouvelles formes, par exemple à des fins de reproduction, comme la maternité de substitution forcée ou l’adoption illégale», écrivent la COMECE et la KEK, dans un communiqué commun.
Les participants à ce séminaire de dialogue ont appelé à plusieurs reprises à la collecte de données plus fiables et complètes, notamment des estimations chiffrées précises afin de permettre aux politiques et aux organisations religieuses de mieux répondre aux besoins des victimes. Ils ont également apporté à ce dialogue leur expertise politique et leur expérience de terrain, en présentant des témoignages directs sur la traite des personnes en Europe.
Les victimes de la traite des êtres humains ont besoin de davantage de protection et d’assistance au travers de la mise en œuvre plus large de la législation existante, insistent les Eglises. «Les victimes de la traite des êtres humains ne doivent pas être punies pour des actes commis alors qu’elles sont victimes de la traite. Un soutien financier continu des organisations de la société civile et des organisations d’Eglise contribuera à la réalisation de ces objectifs». Dans le domaine juridique, l’UE a déjà adopté une série de directives et d’instruments. Cependant, ces instruments doivent être actualisés afin de couvrir les nouvelles formes de traite et d’assurer la poursuite de leur mise en œuvre au niveau national. En réponse à la complexité et la gravité de ces questions, la COMECE et la KEK ont décidé de fournir à la Commission européenne une compilation de leurs propositions et recommandations dans les prochaines semaines.
La Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE) est composée d’évêques délégués par les 27 conférences épiscopales des Etats membres de l’Union européenne et possède un secrétariat permanent à Bruxelles. La Conférence des Eglises d’Europe (KEK/CEC) est une communion de 115 Eglises orthodoxes, protestantes, anglicanes et vieilles-catholiques de tous les pays d’Europe et de 40 organisations associées. Fondée en 1959, la KEK a des bureaux à Genève, Bruxelles et Strasbourg. (apic/com/be)
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