Nantes: Le tribunal administratif somme le conseil général de Vendée de retirer une crèche
Nantes, 10 décembre 2014 (Apic) Au nom de la laïcité, le tribunal administratif de Nantes, en France, a sommé le conseil général de Vendée de retirer la crèche traditionnellement installée dans ses locaux. « Une décision incroyable, contestée à droite comme à gauche. Mais une décision effective », commente Famille chrétienne sur son site internet www.famillechretienne.fr/.
Bruno Retailleau, président du conseil général de Vendée, a exécuté à contrecœur la décision du tribunal. « Maintenir la crèche, c’était entrer dans l’illégalité », a-t-il justifié dans Famille chrétienne. Pour autant, « le conseil général va utiliser tous les recours juridiques possibles pour faire annuler cette décision ». Détaillant les motivations de ce choix, l’élu a notamment fustigé le « deux poids deux mesures, à l’heure où personne ne remet en cause le repas d’ouverture du Ramadan offert tous les ans par la mairie de Paris ».
L’interdiction de la crèche a fait réagir Mgr Alain Castet, évêque de Luçon. « La crèche serait-elle désormais un dangereux instrument de propagande? », s’étonne-t-il dans Famille chrétienne. Précisant que cette crèche rappelle le sens profond de Noël, fêté par une grande majorité de Français, Mgr Castet croit que cette interdiction va plus loin que le simple respect de la loi de 1905. Elle témoigne, pour lui, « d’une volonté ferme de placer la pensée chrétienne dans le domaine du privé […] afin que la mission ne soit plus possible ».
Philippe de Villiers avait fait installer cette crèche en 1988 « à la demande du personnel », alors qu’il était président du conseil général de Vendée. L’ancien député européen s’est emporté sur les ondes de RMC contre une décision digne de « l’Union soviétique ». En colère, il a appelé « à la résistance face à des gestes totalitaires ».
Depuis début décembre, en France, les « affaires » de crèches de Noël enflamment le débat entre partisans de la laïcité et défenseurs des racines chrétiennes du pays. Des voix se sont élevées, de tous les partis politiques, pour appeler à l’apaisement, a rapporté le 7 décembre 2014 le quotidien français « La Croix ». Dans de nombreux endroits de France, des actions juridiques ont été lancées contre les crèches installées dans des lieux publics.
Ces tentatives de supprimer les crèches de Noël ont notamment été dénoncées par Nadine Morano (UMP) pour qui « la laïcité ne doit pas tuer notre culture, nos racines et nos traditions » ou Marine Le Pen (FN) affirmant que « les Français ne comprennent absolument pas cette exigence d’une laïcité stupide, fermée ». Julien Dray, du Parti socialiste, a plaidé pour « une certaine tolérance » face à des crèches qui font « partie du décorum », indique La Croix.
L’Eglise catholique veut apaiser le débat. Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France a assuré que l’Eglise respectait la neutralité de l’Etat, mais a relevé qu’il fallait « être aveugle pour ne pas discerner que la crèche touche la population d’un point de vue affectif bien plus large que sa signification religieuse. » (apic/fc/cx/bb)
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