Il reste encore beaucoup à faire dans la recherche sur la vérité
Buenos Aires, 12 décembre 2014 (Apic) Plus de trente ans après, les agissements supposés de certains membres de l’Eglise catholique en Argentine durant la dictature continuent de créer des remous au sein même de l’institution. Dans un document diffusé en vue de Noël, le groupe des Pères de l’Option pour les pauvres a reconnu les efforts accomplis par l’épiscopat argentin concernant les droits humains, tout en soulignant « qu’il reste encore beaucoup à faire. »
Les Pères de l’Option pour les pauvres exigent par exemple que les évêques assument ouvertement la responsabilité de l’Eglise dans la violation des droits humains et réparent de manière effective les dommages causés. Le texte demande également l’ouverture de toutes les archives de l’Eglise ayant un lien avec des violations supposées des droits humains et que l’Eglise sanctionne en interne ses représentants qui seraient responsables de crimes contre les droits humains.
Dans le document, intitulé « Les responsabilités de l’Eglise dans le processus de mémoire, vérité et justice », les religieux insistent notamment sur le fait que « deux modèles d’Eglise ont existé », rappelant que si certains religieux ont été complices des atrocités commises durant la dictature, d’autres chrétiens, y compris au sein de la hiérarchie, ont lutté contre le régime militaire et ont été victimes de violations des droits humains.
« L’Eglise n’a pas été un acteur de plus dans cette période sombre de notre histoire, mais certainement un protagoniste central. Sa participation a été complexe et la situation de ses membres, diverse. L’appui politique de la majorité de l’épiscopat, auquel il convient d’ajouter les nonces et aumôniers militaires, a été fondamental pour l’exécution des projets de répression de la dictature, qui a agi au nom des valeurs de l’Occident chrétien », expliquent les Pères dans le texte.
Pour autant, les religieux reconnaissent également « une Eglise victime du terrorisme d’Etat, qui a souffert de tortures, d’assassinats et de disparitions. »
Concernant les regrets exprimés par certains évêques sur l’attitude de l’Eglise, les signataires du document admettent « qu’il semble y avoir une volonté du repentir de la part de l’épiscopat, manifestée par quelques-uns de ses membres, et une prise de conscience sur l’urgence de collaborer pour que la lumière soit faite sur les crimes commis durant la dictature et sur la localisation des disparus et des enfants enlevés. » Les Pères estiment que ce changement de position « est lié aux soucis exprimés par le pape François que la vérité soit faite sur cet épisode. »
Les Pères concluent leur message de Noël en réaffirmant leur volonté « d’être une Eglise pauvre et pour les pauvres », capable de construire « un autre monde », dans lequel « la vieille question de nos frères aînés, les Pères du Tiers Monde, « Joyeux Noël pour qui? » nous permette de répondre, en regardant les pauvres dans les yeux, que nous voulons fêter Noël pour espérer avec eux un lendemain meilleur. En marchant à leurs côtés. » (apic/jcg/bb)
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