Le Saint Siège a joué les bons offices
Rome, 18 décembre 2014 (Apic) Le pape François a exprimé sa «vive satisfaction» après la «décision historique» des Etats-Unis et de Cuba de reprendre leurs relations, après plus d’un demi-siècle d’interruption, dans la soirée du 17 décembre 2014. Dans un communiqué publié après l’annonce simultanée intervenue à Washington et à La Havane, le Saint-Siège a confirmé le rôle crucial du pape François dans cette relance du dialogue.
Le pape François avait écrit «ces derniers mois» aux présidents cubain Raúl Castro et américain Barack Obama pour les inviter à résoudre les questions humanitaires en cours et lancer une nouvelle phase dans leurs rapports. Le Vatican a en outre assuré avoir accueilli dans cet objectif en octobre dernier, dans le plus grand secret, une rencontre entre les autorités américaines et cubaines.
Dans son communiqué, le Saint-Siège assure que le pape François «désire exprimer sa vive satisfaction pour la décision historique des Etats-Unis d’Amérique et de Cuba d’établir des relations diplomatiques afin de surmonter, dans l’intérêt de leurs citoyens respectifs, les difficultés qui ont marqué leur histoire récente».
«Le Saint-Siège, en accueillant au Vatican, au mois d’octobre dernier, les délégations des deux pays, a entendu offrir ses bons services pour favoriser un dialogue constructif sur des thèmes délicats, qui a fourni des solutions satisfaisantes pour les deux parties», poursuit le communiqué. Dès lors, le Saint-Siège continuera d’assurer son propre soutien aux initiatives que les deux nations entreprendront pour augmenter les relations bilatérales et favoriser le bien-être des citoyens respectifs.
La question de la fermeture du centre de détention de Guantanamo avait été officiellement évoquée lors de la très récente visite au Vatican du secrétaire d’Etat américain John Kerry, le 15 décembre dernier. Rencontrant déjà 11 mois plus tôt au Vatican le cardinal secrétaire d’Etat Pietro Parolin, John Kerry avait officiellement demandé l’aide du Saint-Siège pour la libération d’Alan Gross, citoyen américain écroué depuis décembre 2009 à Cuba où il avait été condamné pour espionnage.
Dans la soirée du 17 décembre, intervenant à la télévision, le président américain Barack Obama a souhaité remercier le pape François pour son rôle dans ce rapprochement historique. Il a salué en particulier son exemple qui place les actes avant les paroles. Un haut responsable américain a évoqué pour sa part le rôle crucial du pape dans ces négociations en vue du rétablissement de relations diplomatiques interrompues depuis 1961. Ces négociations, qui auraient duré 18 mois, ont également bénéficié de l’aide du Canada. Elles ont abouti à la libération le 17 décembre par La Havane d’Alan Gross, ancien contractuel de l’agence fédérale américaine pour le développement international (USAID), et à la libération par les Etats-Unis de trois espions cubains.
L’effort diplomatique du Saint-Siège pour aider au rétablissement des relations entre les Etats-Unis et Cuba est à mettre sur le compte du pape François mais aussi de son secrétaire d’Etat, le cardinal Parolin. Fin diplomate, celui-ci fut longtemps sous-secrétaire pour les relations avec les Etats puis nonce apostolique au Venezuela de 2009 à 2013.
Fin août 2014, en outre, les évêques cubains s’étaient rendus au Vatican où ils avaient rencontré le pape François, mais aussi son prédécesseur Benoît XVI ainsi qu’un autre fin connaisseur de l’île castriste, le cardinal Tarcisio Bertone, ancien secrétaire d’Etat. (apic/imedia/mp)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/le-saint-siege-a-joue-les-bons-offices/