Pakistan: L’archevêque de Karachi dénonce l'»acte barbare» des talibans à Peshawar
Karachi, 19 décembre 2014 (Apic) Depuis l’attaque sanglante le 16 décembre 2014 de l’école publique militaire de Peshawar, qui a coûté la vie à 148 personnes, dont 132 enfants, la petite minorité chrétienne du pays est en alerte. «Il est crucial de renforcer la sécurité, car la menace terroriste pesant sur les écoles, les hôpitaux, les églises, les mosquées et les autres lieux publics a augmenté», lance Mgr Joseph Coutts, archevêque de Karachi. Le président de la Conférence des évêques catholiques du Pakistan a dénoncé un «acte barbare».
Mgr Joseph Coutts a relevé que cette action des talibans pakistanais était une «attaque de représailles» contre l’armée pakistanaise, et que les terroristes ne reculeraient désormais devant rien pour causer du tort à la population.
Dans une déclaration condamnant l’attaque sanglante, le prélat invite les quelque 300 écoles et universités catholiques du Pakistan à organiser des prières et une minute de silence en mémoire des personnes décédées. Dans un message envoyé à l’agence de presse catholique AsiaNews à Rome, Mgr Coutts a estimé que ce qui s’est passé le 16 décembre était un signe de désespoir de la part des talibans.
«Les talibans sont prêts à perpétrer des attaques brutales, tuant de jeunes écoliers en leur tirant dans la tête. Désormais, ils ne reculeront devant rien. Les services de sécurité devraient accroître la sécurité dans les lieux publics. Nous avons ici affaire à des gens qui n’ont pas de conscience. Leur haine est tout simplement aveugle».
L’archevêque de Karachi a souligné que l’attaque de Peshawar était la réponse des talibans aux actions de l’armée pakistanaise dans la région de Khyber et au Waziristân du Nord, régions proches de la frontière afghane. Mgr Coutts relève que les talibans sont désireux de montrer à l’armée qu’ils peuvent atteindre les enfants des militaires et toutes leurs familles. «Leur message est: nous pouvons vous atteindre partout sur votre propre territoire!»
Mais l’archevêque a précisé que le massacre de Peshawar n’était pas un signe d’accroissement de la puissance militaire des talibans. «Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une démonstration de force. Il est plus probable qu’il s’agisse d’une ultime tentative pour montrer ce qu’ils peuvent faire».
Dans sa déclaration, l’archevêque invite les communautés chrétiennes à fêter Noël de manière sobre, comme une marque de respect pour toutes les victimes des attentats terroristes. «Lors de l’anniversaire de Jésus Christ, Prince de la paix, tous les chrétiens doivent prier avec ferveur pour la paix. Il est du devoir de tout chrétien d’être un promoteur de la paix, de la réconciliation, de l’harmonie et de l’unité… collaborant avec ses concitoyens, pour que le Pakistan soit libéré du fléau de la violence et du terrorisme».
Il a demandé à ses fidèles de prier non seulement pour les personnes tuées dans l’attaque de l’école de Peshawar, mais aussi pour les autres victimes des talibans, notamment les agents de vaccination contre la poliomyélite, et les 127 personnes tuées lors de l’attaque de septembre 2013 contre l’église de la Toussaint, à Peshawar.
Mgr Coutts a également exhorté la population à prier pour des employés d’une briqueterie, les jeunes époux chrétiens Shahzad Masih et Shama Bibi, accusés de blasphème suite à la profanation présumée de pages du coran et brûlés vifs par une foule enragée. L’évêque de Karachi a invité à prier pour les chrétiens et les autres personnes souffrant de la violence au Pakistan: «Il est très important pour nous de savoir qu’il existe d’autres personnes qui prient pour nous, qui désirent nous aider et veulent se tenir à nos côtés dans la foi. En dépit de toutes nos difficultés, nous trouvons beaucoup de force dans les prières de tous ceux qui s’inquiètent pour nous, et je remercie tous ceux qui se souviennent de nous, surtout en ce moment de grande tragédie et de tristesse».
De son côté, la Commission Nationale du Pakistan pour la Justice et la Paix (NCJP), un organisme de défense des droits humains de la Conférence des évêques catholiques qui soutient les victimes de persécutions, a également condamné le massacre de Peshawar.
Dans un message signé par le Père Emmanuel Mani, directeur de la NCJP, et Cecil Chaudhry, directeur exécutif, la Commission lancé un appel à l’unité, afin que tous «mettent de côté leurs différences personnelles et politiques et s’unissent pour mettre collectivement un terme à cette menace terroriste». (apic/asian/be)
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