Dieu garant de la liberté de la République

Valais: Michel Salamolard s’oppose à l’initiative «Pour un Etat laïque»

Sion, 3 janvier 2015 (Apic) Si le sort de l’initiative «Pour un Etat laïque» est encore incertain, elle ne cesse de créer des émules dans un canton où le lien entre l’Eglise et l’Etat reste marqué. Dans le quotidien valaisan «Le Nouvelliste» du 3 janvier 2015, Michel Salamolard prend le contre-pied des arguments des initiants. «L’alliance du trône et de l’autel n’est pas dans les gènes du catholicisme», selon le prêtre sierrois.

Plus encore, Michel Salamolard affirme que l’Etat laïque est une invention chrétienne. «Avant le christianisme, la liberté civile de conscience et de croyance n’existe pas», écrit-il. «Tout citoyen est obligé, souvent sous peine de mort, de sacrifier aux dieux de la cité». Dans ce contexte, le christianisme apporte «deux nouveautés»: «obéir à Dieu (en suivant sa conscience) plutôt qu’aux hommes et résister de façon non violente, jusqu’au martyre, à la tyrannie d’Etat.» Et l’abbé de rappeler, en ce sens, le «témoignage indélébile» de la légion thébaine à Saint-Maurice vers l’an 300.

«Au nom de Dieu tout-puissant!»

Dès lors, la proclamation inaugurale de la Constitution cantonale valaisanne – «au nom de Dieu tout-puissant!» – constitue, selon lui, «le plus audacieux cri de liberté d’une république». Ceux qui voudraient supprimer cette annonce «ne se rendent pas compte qu’ils abaissent par là l’autorité de notre loi fondamentale».

Opposé à cette initiative qui veut exclure des édifices publics tout signe d’une religion particulière, il fustige «l’allergie de certains aux symboles chrétiens». «Les croix (…) nous rattachent aux valeurs universelles de l’évangile: respect du bien et de la vie d’autrui, engagement pour la justice, amour actif du prochain». Elles ont également une signification spirituelle. «Aux croyants, elles disent l’amour du Christ pour l’humanité. Aux yeux de tous, croyants ou non, elles montrent la plus radicale contestation pacifique de la violence politique et de l’aveuglement religieux».

«Quel autre symbole d’identité culturelle pourrait remplacer nos croix?», s’interroge-t-il enfin. «Une éolienne, une publicité, un petit Cervin, un petit cervelas? (…) avons-nous encore une identité? D’aucuns voudraient faire une croix dessus.»

Encadré:

L'»Initiative populaire cantonale pour un Etat laïque»

«L’initiative populaire cantonale pour un Etat laïque» a été lancée en Valais en juin 2014 en vue d’une «séparation claire» entre l’Eglise et l’Etat. Cette initiative – qui doit recueillir 6’000 signatures d’ici juin 2015 afin d’être soumise au peuple – vise à changer plusieurs textes de loi, dont celui qui contraint les contribuables valaisans à financer les deux Eglises reconnues par la Constitution – l’Eglise catholique romaine et l’Eglise réformée évangélique.

Selon ses initiants, l’Etat laïque doit exclure «des édifices publics (parlements, tribunaux, écoles, administrations publiques, institutions étatiques, hôpitaux) tout symbole d’une religion particulière indiquant sa prédominance sur les autres». De plus, il doit professer «la neutralité de l’enseignement. Par conséquent il ne dispense pas de cours de religion dans les écoles publiques.» Enfin, l’Etat laïque ne doit financer «aucune activité strictement religieuse. Il ne rétribue pas le clergé. Il n’organise aucune collecte ou ne prélève aucun impôt dans ce but». Les communautés religieuses devraient ainsi «assurer elles-mêmes leur financement.» (apic/nf/com/pp)

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