La pratique de l’esclavage et son impunité se trouvent désormais de nouveau au centre du débat en Mauritanie après la condamnation le 15 janvier dernier de Biram Ould Dah Ould Abeid à deux ans de réclusion pour avoir organisé illégalement une manifestation anti-esclavagiste.
En 2013, les Nations unies lui avaient décerné un prix pour sa «lutte non violente contre l’esclavage» mais il a suffi d’un corps à corps avec la police pour l’envoyer en prison pour deux ans sous l’accusation de «résistance à l’autorité». Biram Ould Dah Ould Abeid, lui-même fils d’esclave, jouit d’un fort soutien au sein de la population, au point qu’il a recueilli 8,6% des suffrages aux dernières élections présidentielles de 2014 et était le deuxième des candidats.
Les esclaves sont des familles de bergers et de paysans qui vivent dans les régions rurales, et de domestiques dans les zones urbaines. Lorsqu’un enfant naît d’une mère esclave, il conserve ce statut sa vie durant.
En l’absence de statistiques officielles, l’ONG Global Slavery Index, qui lutte contre l’esclavage au niveau mondial, a placé la Mauritanie au premier rang des pays esclavagistes, avec 155.000 esclaves sur son territoire, soit 4% de sa population. (apic/fides/mp)
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