Cantars: «Un si grand festival donne de l'entrain et libère l'énergie»

Zurich, 6 février 2015 (Apic) De mars à juin 2015, les choeurs d’église de Suisse alémanique, et quelques-uns de Suisse romande, sortent de l’ombre des célébrations et participent au festival Cantars. Près de 12’000 chanteurs et musiciens se produiront lors de 36 journées événements.

Sandra Rupp Fischer, responsable du projet, avait déjà organisé le festival Cantars pour le diocèse de Bâle, qui avait rassemblé 8’000 chanteurs, dont 1’000 enfants et jeunes, en 2011. Lauréate du Prix «Bonnes dépêches» pour la Suisse alémanique en 2012, elle décrit pour Kath-info l’organisation des concerts dans les régions et l’engouement qu’elle perçoit dans la population pour la musique et la culture religieuses.

 

Kath-info: 12’000 personnes participent cette année à Cantars. Chanteuses, chanteurs, musiciennes, musiciens, mais aussi des gens du spectacle, des auteurs, des artistes et des organisateurs. Comment motiver autant de monde?

 

Sandra Rupp Fischer: C’est possible, car notre festival est décentralisé et se déroule sur plus de trois mois. Des événements ont lieu à Olten, Zurich, Bâle, Lucerne, St-Gall, dans le canton de Fribourg, ou encore ailleurs, de 12h à 23h. Les participants sur place ont formé leur propre comité d’organisation et motivent les chœurs.

En outre, nous avons adapté notre programme à toutes les formations. Une journée Cantars se compose de 12 concerts d’une durée maximum de 40 minutes. Ce qui est réalisable pour les choeurs d’église. Si nous avions opté pour des concerts de 2 heures, nous aurions essuyé beaucoup de refus de chœurs qui n’ont pas cette expérience. Lors d’une célébration, un chœur d’église chante peut-être 20 à 25 minutes. Ceux pour qui 40 minutes est encore trop peuvent se mettre par deux pour une prestation de deux fois 20 minutes.

 

Kath-info: Est-ce que les comités d’organisation locaux organisent leurs événements comme bon leur semble?

 

S.R.F.: Les comités régionaux ont reçu des lignes directrices du comité d’organisation de Cantars. Elles règlent par exemple des questions comme la structure de la journée, la gestion des finances ou la publicité. Lors de nos conférences communes, deux fois par an, les délégués sont formés à la gestion du projet, nous convenons de la procédure et discutons des questions ouvertes.

 

Kath-info: Pourquoi avoir organisé à nouveau ce grand rassemblement, après celui de 2011?

 

S.R.F.: Après la première édition, personne parmi nous n’envisageait de remettre ça. Ce n’est qu’à la fin 2012 que nous avons décidé, au Schweizerischer Katholischer Kirchenmusikverband (SKMV) de réaliser une nouvelle fois ce festival, dans un contexte plus large. Le SKMV regroupe 1’000 chœurs d’église issus des fédérations de musique d’église des diocèses de Bâle, de Coire et de St-Gall, ainsi que des associations de Céciliennes du Haut-Valais et du Fribourg alémanique.

 

Kath-info: Qu’est-ce que Cantars 2011 a apporté aux chœurs?

 

S.R.F.: Il a offert la possibilité à des chœurs d’église de participer à un grand festival. Il a donné de l’entrain et libéré une formidable énergie. En plus, les chœurs ont apprécié de se produire devant un public plus important que d’habitude. Cela a été très motivant pour beaucoup de participants.

 

Kath-info: Les chœurs d’église sont-ils marqués par le vieillissement et la baisse du nombre de membres?

 

S.R.F.: Il est clair que ce sont surtout des gens de plus de 55 ans qui y chantent. Mais il existe aussi des chœurs avec un bon mélange au niveau des âges. Et il y a aussi des endroits où les chœurs d’église se maintiennent et où les choeurs profanes ont disparu. Le problème des membres est un phénomène de notre époque. Beaucoup rechignent à s’engager pour toute une année. C’est pourquoi les chœurs, y compris d’église, s’ouvrent à des membres extérieurs, qui participent de façon limitée à des projets. Entre autres, grâce à un projet d’engagement, le chœur Ste Marie à Olten, que je dirige, compte aujourd’hui 55 membres.

 

Kath-info: Que faites-vous pour cela?

 

S.R.F.: L’année liturgique permet de développer un véritable trésor musical. Pour chaque fête, nous trouvons des morceaux de différents styles et différentes époques. Nous chantons parfois du classique, parfois de la musique populaire, parfois du jazz.

 

Kath-info: Du jazz dans une église?

 

S.R.F.: Oui, nous avons déjà animé des célébrations avec le «Sacred Concert» pour chœur et big band de Duke Ellington. Ce sont des œuvres avec un texte sacré, seul le style de musique peut surprendre. Tout comme lors de chaque prestation, nous faisons attention à ce que les paroles et la musique forment un tout avec l’ensemble de la liturgie. Afin d’y parvenir, nous devons travailler étroitement avec les responsables de la liturgie et les musiciens. Beaucoup de chœurs d’église sont ouverts, aujourd’hui, à des styles divers et proposent des projets en vue d’une meilleure participation.

 

Kath-info: Vos chanteurs sont-ils également des pratiquants à la messe?

 

S.R.F.: Déjà la participation à un chœur d’église fait d’eux des pratiquants réguliers à la messe du dimanche. En plus, certains parmi eux font partie d’une autre association paroissiale ou du comité. Souvent, le choeur lui-même s’engage activement dans la vie de la communauté paroissiale, que ce soit lors d’apéros, par des visites à l’hôpital et pour les lectures.

 

Kath-info: Et qu’en est-il de la relève?

 

S.R.F.: Il existe beaucoup de chorales d’enfants ou de jeunes dans les paroisses. Près de 2’000 jeunes ou enfants participeront à Cantars. Ils seront présents lors d’environ 90 des 440 concerts.

 

Kath-info: Le festival Cantars est œcuménique, dites vous. Et comment cela se réalise concrètement?

 

S.R.F.: Le Schweizerischer Kirchengesangsbund (SKGB), qui est l’organisation faîtière des choeurs réformés, a donné une suite positive à notre demande et participe à l’organisation de Cantars. Mais près de 70% des chœurs d’église qui se produiront font partie du katholischer Kirchenmusikverband, et les autres font partie en majorité de notre pendant réformé. Nous nous réjouissons également que Cantars ait permis un échange interreligieux et œcuménique encore plus large. Les chœurs de la synagogue et de l’église orthodoxe serbe de Zurich, ainsi que ceux des églises catholiques chrétiennes de Zurich et Berne se produiront dans le cadre de notre manifestation, de même que la manécanterie St. Peter de Zurich. A Olten, pour la première fois sera mené un projet de chœur interreligieux. A Lucerne, une journée des religions alliera musique et fête interreligieuse.

 

Kath-info: Existe-t-il des chœurs d’église oecuméniques?

 

S.R.F.: Oui, dans le cadre de Cantars se produiront par exemple le chœur œcuménique de Fribourg, la société chorale œcuménique de Suhr-Gränichen, le chœur oecuménique d’enfants de Oberwil/ Therwil/ Ettingen/ Biel-Benken et le chœur oecuménique de jeunes et d’enfants de Winterthur-Töss. Les chœurs liés à un projet sont d’ailleurs souvent ouverts à l’oecuménisme. On présente le projet et tous les intéressés peuvent y participer, sans distinction de religion ou de confession.

 

 


 

Encadré:

 

Démarrage le 14 mars à Bâle

Le premier concert de Cantars sera donné le 14 mars 2015 12h au Münster de Bâle, à l’occasion d’un spectacle spirituel qui a pour nom «Theatrum Sanctum Basiliensis». Des prestations auront ensuite lieu en ville, à la Offene Kirche Elisabethen, à la Theodorskirche, à la Predigerkirche et à la St. Clarakirche.

Les Vêpres seront célébrées à 16h30 au Münster, en présence de la pasteur Caroline Schröder Field et de Mgr Felix Gmür, évêque de Bâle. Le festival Cantars sera officiellement lancé par les représentants des Eglises chrétiennes à 17h30 à la Predigerkirche catholique chrétienne.

Les semaines suivantes, 440 représentations se dérouleront dans 35 lieux. Le festival se terminera le 7 juin 2015 au centre de congrès Olma à St-Gall.

 

(apic/rp/bb)

 

Bernard Bovigny

Portail catholique suisse

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