Réduction de la majorité pénale, «immorale» aux yeux de la CNBB

Brasilia, 20 mars 2015 (Apic) Le projet d’amendement de la Constitution (PEC 171), destiné réduire l’âge de la majorité pénale de 18 à 16 ans au Brésil, est largement critiqué au Brésil, notamment par la Conférence nationale des évêques catholiques (CNBB).

Le projet de loi est entré dans la phase de débat à la Chambre des Députés de Brasilia, la capitale du Brésil. Il devrait être soumis au vote la semaine prochaine. Les Mouvements sociaux et les organisations des droits humains ont manifesté leur désaccord face à ce projet et ont demandé l’approfondissement du débat avec la société.

«Les jeunes, plus victimes qu’auteurs de violences»

Ces derniers ont d’ailleurs reçu le soutien d’Ideli Salvatti, la Secrétaire d’Etat aux Droits Humains, rattachée directement à la Présidence de la République. «Avant même de discuter de la violence commise par les adolescents, nous devons prendre des mesures effectives en relation aux violences dont sont victimes les jeunes, a-t-elle expliqué. Car aujourd’hui, les cas dans lesquels des adolescents sont auteurs d’actes provoquant la mort représentent 0,1 % de l’ensemble des cas. Par contre les adolescents représentent 36 % des victimes d’homicides. »

«Les jeunes plus mûrs, plus tôt»

Les auteurs de ce projet de loi estiment pour leur part que ce texte prend en compte un plus grand développement mental observé aujourd’hui chez les jeunes, par rapport à ceux des années 1940, époque de l’élaboration du Code Pénal actuellement en vigueur. La proposition soutient en effet que l’accès à l’information, la liberté de la presse, l’absence de censure, entre autres facteurs, ont augmenté le discernement des jeunes pour comprendre le caractère licite ou illicite des actes qu’ils pratiquent, les poussant donc à être responsables plus jeunes de leurs actes.

«Croire en l’adolescent»

Dans un communiqué, la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) a pour sa part déclaré que «la réduction de la majorité pénale n’est pas la solution pour en finir avec la violence. L’Eglise brésilienne continue de croire en la capacité de régénération de l’adolescent lorsqu’il est conforté dans ses droits élémentaires et lorsqu’il a accès à une formation intégrale sur les valeurs qui rendent digne l’être humain. Il est par contre immoral de vouloir induire en erreur la société en la poussant à porter un regard négatif sur l’adolescent, comme s’il était le principal responsable de la vague de violence dans le pays». (apic/jcg/be)

 

Jacques Berset

Portail catholique suisse

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