Succession de Mgr Roduit: les attentes de Jean-Marie Lovey

Sion, 21 mars 2015 (Apic) Parmi les évêques suisses, Mgr Lovey est sans doute le premier concerné par la démission de Mgr Roduit, abbé de Saint-Maurice. Les deux hommes se connaissent depuis longtemps et œuvrent régulièrement à une pastorale commune – puisque le territoire abbatial est enclos dans le diocèse de Sion. A l’heure de la démission de son homologue agaunois, Jean-Marie Lovey revient sur son parcours et explique les enjeux de sa succession. 

Quelle a été votre réaction en apprenant l’acceptation par le pape de la démission de Mgr Roduit? 

Une réaction paisible parce que la nouvelle était attendue. Mgr Roduit avait annoncé qu’il présenterait sa démission à Rome à l’occasion de son 75ème anniversaire. Il a remis sa lettre de démission en main propre à plusieurs congrégations lorsque nous étions en visite ad limina en décembre dernier. Ce n’est donc pas une surprise et je partage son soulagement puisqu’il attendait cette confirmation.

Reste que des choses vont changer pour l’Abbaye. La nomination d’un nouvel abbé est un événement majeur, tout comme la fin d’un mandat, la fin d’une ère. L’abbé marque son temps. La démission de Mgr Roduit tombe au milieu de l’année jubilaire qui lui tenait particulièrement à cœur. On va donc désormais associer le 1500ème anniversaire de l’Abbaye à son mandat abbatial.

Quel regard posez-vous sur son ministère d’abbé de Saint-Maurice?

Avant qu’il ne soit père abbé, je l’ai bien connu comme curé de Bagnes, puis comme prieur de l’Abbaye. Il est resté le même homme. S’il fallait le qualifier de façon rapide et spontané, je retiendrais son souci de dire le Christ, quelles que soient les circonstances ou les personnes. Il avait cette capacité de revenir rapidement sur les choses essentielles. Je l’ai toujours senti attentif à annoncer l’Evangile en toute situation.

La nomination d’un nouvel abbé aura-t-elle des conséquences sur votre diocèse?

Non, cela ne changera sans doute pas grand chose dans les relations entre le diocèse et l’Abbaye. Un nouvel abbé va être élu. J’imagine que les «contrats de relations paroissiaux» entre l’Abbaye et le diocèse vont tout simplement être reconduits. Je ne pense pas qu’ils pourraient être remis en cause.

Et quelles seront les incidences au sein de la Conférence des évêques?

Cette prochaine nomination lui donnera certainement une allure différente. La CES se renouvelle rapidement. J’y suis rentré le dernier en septembre 2014, juste après Urban Federer, Alain de Raemy et Valerio Lazzeri. Peu de temps avant, Mgr Morerod et Mgr Eleganti y ont pris part. Avec le départ de Mgr Roduit, très apprécié au sein de la Conférence des évêques, c’est, entre guillemets, l’ancienne équipe qui cède le pas.

Qu’attendez-vous de son successeur?

J’espère trouver un collaborateur dans l’évangélisation du diocèse. Un collaborateur qui puisse porter avec moi les soucis, les grandeurs et les attentes de nos diocésains, qui sont finalement les mêmes. Je souhaite également que ce soit une personne qui ait un beau rayonnement auprès de la jeunesse pour en appeler d’autres à renforcer les rangs de nos communautés religieuses et diocésaines. On va bien choisir un nouvel abbé, mais qui va succéder au successeur de Mgr Roduit? Pour appeler d’autres jeunes, il faut un homme qui soit un témoin du bonheur d’être prêtre au service de l’Eglise locale. (apic/pp)

Pierre Pistoletti

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