Le cardinal John Tong proteste contre la démolition de croix en Chine

Hong Kong, 15.08.2015 (cath.ch-apic) Le cardinal John Tong, évêque de Hong Kong, a vivement protesté contre la campagne de démolition des croix qui se déroule dans la province chinoise du Zhejiang.

Cette opération menée par les autorités chinoises dure depuis deux ans et a déjà touché plus d’un millier d’églises catholiques et protestantes.

Dans un appel en anglais publié le 13 août 2015 sur le site «catholic.org.hk» du diocèse Hong Kong et intitulé «The Sufferings of the Cross – an Urgent Appeal», le cardinal Tong rappelle que la croix est «le signe le plus représentatif de la foi chrétienne». L’évêque de Hong Kong demande aux autorités chinoises de «faire cesser ces actions illégales», soulignant que parmi les croix détruites, certaines avaient reçu un permis de construire en bonne et due forme.

Lors de certains de ces incidents, des membres du clergé et des communautés, alors qu’ils défendaient leur foi de manière légale, ont été emprisonnés, causant de grandes tensions dans les paroisses locales.

Forte résistance des catholiques locaux

Ces incidents ont suscité beaucoup d’inquiétude parmi les chrétiens, que ce soit au plan local ou à l’étranger, concernant la politique du gouvernement à l’égard de la liberté religieuse en Chine, relève le cardinal chinois.

La campagne de destruction des croix a suscité un mouvement de résistance parmi les fidèles, les prêtres, les évêques et les pasteurs protestants, notamment au moyen de lettres ouvertes, d’alertes sur les réseaux sociaux et de manifestations, dans le but d’exprimer leur désaccord sur cette «injustice flagrante». Certains fidèles et des prêtres ont été arrêtés.

Prier et jeûner pour la liberté religieuse en Chine

Alors que la campagne contre la destruction des croix se propage à l’étranger, le cardinal John Tong demande aux fidèles de Hong Kong, dans sa lettre, de prier et de jeûner pour la liberté religieuse en Chine. Il leur dit de partager «les souffrances de nos frères et sœurs du Zhejiang».

La campagne de destruction des symboles religieux a été lancée au début de l’année 2014 lorsque Xia Baolong, secrétaire du Parti communiste du Zhejiang, a estimé que les croix étaient trop visibles dans la ligne d’horizon de la ville côtière de Wenzhou. Cette ville est surnommée la «Jérusalem de Chine» en raison du grand nombre de chrétiens et d’églises. Un projet de loi présenté par les autorités de la province du Zhejiang prévoit des directives très strictes. Les croix ne devront plus être placées au sommet des églises, elles ne devront pas mesurer plus d’un dixième de la hauteur de la façade et leur couleur devra se confondre avec celle de l’édifice.

Le PCC veut restreindre l’influence des chrétiens

Pour l’Eglise locale, le Parti communiste chinois veut restreindre l’influence et la croissance exponentielle des communautés chrétiennes, officielles et clandestines, qui enregistrent une augmentation vertigineuse des conversions. Ces mesures visent à cacher les signes les plus visibles de l’explosion de la foi chrétienne en Chine. Des croix ont ainsi été démontées et des églises démolies.

Radio Vatican relève que si les statistiques officielles font état de 23 millions de pratiquants en Chine, les spécialistes indépendants estiment leur nombre à 100 millions, catholiques et protestants confondus, soit plus que les 85 millions de membres du Parti communiste chinois. Une situation, analyse le quotidien français «Le Figaro», inacceptable pour les caciques du Parti obsédés par sa survie à la tête de la République populaire. Pour eux, il ne faudrait surtout pas que le Christ devienne plus populaire que Mao dans l’Empire du Milieu. (apic/radvat/asian/be)

Jacques Berset

Portail catholique suisse

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