Tchad: Dix membres présumés de Boko Haram exécutés par le gouvernement

N’djamena, 30.08.2015 (cath. Ch-apic) Dix membres présumés du groupe islamiste Boko Haram ont été fusillés le 29 août à N’djamena, la capitale du Tchad, a annoncé à radio France internationale (RFI), le ministère tchadien de l’Intérieur. C’est la première exécution du genre, dans un pays confronté aux violences des djihadistes.

L’Etat tchadien s’est chargé de l’inhumation des condamnés à mort, dans un endroit tenu secret, a souligné RFI. Avant leurs exécutions, les autorités ont recueilli leur profession de foi, conformément à la loi islamique. Les islamistes ont été fusillés par un peloton de la gendarmerie nationale, dans un lieu non précisé.

Ils avaient été condamnés à mort, le 26 août par un tribunal tchadien, qui les jugeait à huis clos. Alors que ce procès devait durer huit jours, il a été accéléré et délocalisé. Les djihadistes avaient été arrêtés après un double attentat-suicide, en juin, contre le commissariat central et l’école de police de N’djamena. Ces attentats avaient fait 38 morts, dont les trois kamikazes, et 101 blessés.

Un avertissement aux extrémistes

Les exécutions, moins de 24h après la sentence du tribunal, sont présentées par le gouvernement tchadien, comme «un avertissement aux extrémistes musulmans qui trouveront, quoi qu’ils fassent, les autorités sur leur chemin», a prévenu le ministre de la Sécurité publique.

Selon le site www.jeuneafrique.com, au nombre des exécutés, figurait Mahamat Mustapha alias Bana Fanaye, un Nigérian présenté par les autorités comme le cerveau des attaques du 15 juin. Il était le coordinateur d’un réseau de trafic d’armes et de munitions entre le Nigeria, le Cameroun et le Tchad. Il était aussi responsable de la logistique, notamment de l’achat d’armes, de matériel, du recrutement et de la gestion des hommes de l’organisation, a indiqué le procureur de la République, Alghassim Kassim. (apic/ibc/ag/rz)

Raphaël Zbinden

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