Pastorale de la famille: Trop de divorcés pensent être exclus de l'Eglise

Martigny, 08.10.2015 (cath.ch-apic) Trop de divorcés pensent être exclus de l’Eglise et vivent une grande souffrance. «Une chose que l’Eglise ignore trop souvent, c’est justement cette souffrance. Nombre de divorcés se sentent rejetés comme des pestiférés par les ‘bien-pensants’, alors que la communauté paroissiale devrait les soutenir…», constate Anne  Mayoraz, qui anime depuis plus de deux décennies, avec son mari Marco, la Pastorale de la famille du diocèse de Sion.

Anne et Marco, rencontrés par cath.ch au stand «Présence d’Eglise» à la Foire du Valais, à Martigny, font connaître aux visiteurs les offres de l’Eglise diocésaine pour les couples et les familles. Anne codirige le Chœur des enfants de St-Guérin, à Sion, composée de visages multicolores. Le couple, qui a quatre enfants, connaît de près la vie de famille, ses moments de joie et ses périodes plus difficiles. «C’est une richesse d’être en couple, ayant tous deux des charismes différents, c’est une chance quand on parle de la famille…», souligne Anne Mayoraz.

«Les raccourcis médiatiques font mal»

Alors que le synode sur la famille se déroule à Rome, Marco  regrette que de nombreux médias aient surtout parlé – sans nuances – d’accès à la communion des divorcés-remariés et de couples homosexuels. «Les raccourcis médiatiques font mal, ce sont, la plupart du temps, des propos qui viennent de ceux qui ont tout largué, qui ne pratiquent plus: l’Eglise devient vite une cible».

«C’est très important d’accompagner les divorcés et les divorcés remariés, relève Anne, car ils vivent souvent une grande souffrance. Une grande partie d’entre eux ne pratiquent plus. Mais quand leurs enfants font la première communion, la question de l’accès à la communion ressurgit. Les divorcés remariés s’achoppent souvent sur le fait qu’ils ne peuvent pas communier, mais ils n’ont pas, la plupart du temps, entamé un cheminement en Eglise».

Les couples divorcés remariés ne sont pas exclus de l’Eglise: ils peuvent s’engager par exemple comme lecteurs ou être actifs dans la diaconie. Quant à l’accès à la communion, ce  n’est pas un droit, mais il relève d’un choix fait en toute conscience, après un chemin profond de remise en question, un accompagnement spirituel avec un prêtre.  Ce chemin de conversion doit se faire dans la plus grande honnêteté possible. C’est une démarche spirituelle personnelle».

Travailler en amont du remariage des personnes divorcées

La Pastorale de la famille veut travailler en amont du remariage des personnes divorcées, car quand on vit l’échec de son mariage, il faut se guérir de cette rupture. «Il y a plus de divorces chez les personnes remariées que dans un premier mariage. Ce n’est pas parce que l’on se marie une deuxième fois que l’on va réussir, si on n’a pas réglé la souffrance provoquée par le divorce. Cette souffrance existe, même s’il y a de plus en plus d’offres de ‘divorce facile’ sur internet».

Dans le cadre de l’accompagnement  de ces couples, Anne Mayoraz voit le danger de banaliser cette souffrance: «la personne a souvent une perte d’estime de soi, se demande ce qu’elle a fait faux, et pour guérir de cette souffrance, il faut du temps! Et une démarche de pardon, d’apaisement comme proposé par le cours «Revivre», car il faut penser aux enfants, ils sont toujours là, et eux n’ont rien demandé!»

Prêtres et agents pastoraux devraient être mieux formés sur les questions du couple

Les responsables de la Pastorale de la famille aimeraient que dans les paroisses, les prêtres et autres agents pastoraux soient mieux formés sur les questions du couple et de la famille. «Ils pensent peut-être qu’ils en font assez, mais il y a encore beaucoup à faire dans l’accompagnement des couples. Cela devrait pourtant être une priorité, car la famille est la cellule de base de l’Eglise et de la société. Dans cette problématique, nous avons toujours été soutenus à fond par les évêques de Sion, par Mgr Schwery, puis par Mgr Brunner, qui ont toujours eu un grand souci de la famille. Il en est  de même avec Mgr Lovey». JB


Encadré

Le Service diocésain de la pastorale de la famille

Le Service diocésain de la pastorale de la famille (SDPF) du diocèse de Sion accompagne les fiancés qui se préparent au mariage. Il veut également favoriser l’épanouissement des familles chrétiennes et aider les familles blessées ou déchirées dans la partie francophone du diocèse et le territoire abbatial de Saint-Maurice.

«Petite Eglise domestique»

Le SDPF considère que la famille est une «petite Eglise domestique», le lieu par excellence de la transmission des valeurs et de la foi chrétienne. Il offre de nombreuses oasis de formation spirituelle et humaine afin de raviver les forces des familles d’aujourd’hui.

Depuis 1992, les responsables de la pastorale de la famille du diocèse de Sion sont Anne et Marco Mayoraz, responsables du Foyer des Creusets, une fondation diocésaine en charge d’un pensionnat qui accueille une trentaine de garçons de 15 à 20 ans, et qui prépare des repas de midi pour les élèves du collège voisin. «C’est une véritable PME de 14 employés, salariés de la fondation, avec jusqu’à 780 élèves qui viennent manger à midi!», assure le couple engagé à 80% pour la direction du Foyer, et 20% pour la pastorale familiale. Marco, qui a obtenu une licence de théologie à l’Université de Fribourg, enseigne également la religion chrétienne au Collège des Creusets. Anne a étudié la pédagogie curative également à l’Université de Fribourg. (apic/be)

 

 

 

 

Jacques Berset

Portail catholique suisse

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