Chine: Le gouvernement veut augmenter la pression sur les religions

Pékin, 09.10.2015 (cath.ch-apic) Le Parti communiste chinois semble vouloir intensifier son contrôle sur l’Eglise catholique et sur les autres religions du pays. L’organe de presse officiel du pouvoir concernant les affaires religieuses a notamment indiqué que les intentions du président Xi Jinping étaient «sérieuses» au sujet des religions.

L’avertissement de Pékin survient dans le contexte d’un prochain ‘sommet sur les religions’, première réunion de la sorte depuis que Xi Jinping est arrivé au pouvoir, il y a trois ans.

Le journal du Parti «Zhongguo Mingzu Bao», dans son commentaire du 8 octobre 2015, n’évoque aucune religion en particulier, mais parle d'»église» de «clergé» et de «diocèses», en référence au catholicisme et à d’autres dénominations chrétiennes. Selon l’agence d’information catholique Ucanews, Xi Jinping cherche à réduire l’influence étrangère sur les institutions religieuses en Chine. L’article affirme en tout cas que tous les cultes doivent être gérés par des organisations se trouvant dans le pays. «Il n’y a aucune raison pour que certains groupes ou individus en dehors de Chine se préoccupent de cela», écrit le journal.

Signes de raidissement

«Il est évident que le contrôle sur les religions sera resserré», assure à Ucanews un prêtre travaillant en Chine, identifié comme ‘Père Peter’. «Ce qui n’était que de la théorie et des slogans dans le passé commence à se concrétiser», affirme-t-il.

Se référant à un discours officiel de Xi Jinping prononcé en mai dernier, l’article du «Zhongguo Mingzu Bao» réaffirme que «toutes les religions doivent s’adapter à la politique socialiste».

Le gouvernement a établi des ‘associations patriotiques’ pour les cinq religions reconnues dans le pays: le bouddhisme, le catholicisme, le taoïsme, l’islam et le protestantisme.

En septembre le ‘Département du front du travail uni’, qui supervise les affaires religieuses, a annoncé de nouvelles directives qui empêchent toute implication étrangère dans les institutions religieuses en Chine et interdisent aux membres du Parti de pratiquer une religion.

Ces nouvelles règles surviennent alors qu’une campagne de démontage de croix bat son plein depuis deux ans dans la province du Zhejiang, au sud-est du pays. Plus de 1’200 croix ont déjà été retirées. Une campagne qui, selon des sources d’Ucanews, ne donne aucun signe de ralentissement.

Le chaud et le froid

Ces signaux surviennent paradoxalement dans un contexte d’apparent réchauffement diplomatique entre Pékin et Rome. Dans l’avion qui le ramenait des Etats-Unis, fin septembre, le pape François avait confirmé que les deux Etats se parlaient.

En début d’année, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, se montrait plutôt optimiste quant aux pourparlers en cours. En janvier, il déclarait en effet: «Nous sommes dans une phase positive». Mais, fin avril 2015, le même cardinal Parolin adoptait un ton légèrement différent. Tout en espérant la reprise d’un «dialogue substantiel», il estimait que les négociations entre les deux parties ne présentaient «pas de grandes nouveautés». Du côté de Hongkong, l’évêque du lieu, le cardinal John Tong Hon, jugeait, le mois dernier auprès de l’agence d’information catholique Ucanews, que «l’atmosphère était meilleure» entre les deux parties, même si son prédécesseur, le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, se montrait toujours aussi dubitatif quant à la volonté réelle des dirigeants chinois d’amender leur politique religieuse.

En juin dernier, également, une ordination épiscopale a eu lieu en Chine populaire, concernant un candidat à l’épiscopat approuvé par Pékin et accepté par Rome. C’était la première ordination depuis trois ans, la première depuis que le cardinal Bergoglio a été élu pape en mars 2013 et la première depuis la reprise des négociations entre Rome et Pékin, en juin 2014. (apic/ucan/arch/rz)

Raphaël Zbinden

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