Quelle issue pour le synode sur la famille?

Rome, 16.10.2015 (cath.ch-apic) Après plus de 10 jours de travaux du Synode des évêques sur la famille, force est de constater qu’il sera difficile, voire impossible, de sortir de cette deuxième assemblée avec une position claire de l’Eglise catholique concernant nombre de défis en matière de pastorale familiale.

Etait-ce d’ailleurs l’intention du pape François qui a souhaité dès le début de cette aventure synodale, en octobre 2014, que les pères synodaux parlent «sans craindre le jugement humain, sans lâcheté», écoutant aussi leurs frères «avec humilité» et un «cœur ouvert»? Il a souhaité un débat interne, il l’aura eu.

Si, à la fin du premier synode, le pape François se donnait «une année pour mûrir, avec un vrai discernement spirituel, les idées proposées et trouver des solutions concrètes aux nombreuses difficultés et aux innombrables défis que les familles doivent affronter», il savait aussi que ce second synode serait avant tout un laboratoire d’idées, mais ne serait jamais, ce n’est pas son objectif, un lieu de décision.

Qu’il soit ou non rendu public (la décision appartient au pape), le texte final que les pères synodaux amendent et enrichissent en Circuli minores ne pourra fournir un résultat satisfaisant. De fait, il sera le fruit du consensus de leaders de l’Eglise catholique à travers le monde et risque de mettre en avant, pour peu que certains passages de ce texte soient rejetés lors du vote de l’assemblée, certains contrastes internes, en particulier autour de la question qui cristallise les débats: l’accueil des divorcés-remariés.

Parce que le travail synodal a ses limites, les pères synodaux pourraient sortir de cette assemblée en demandant un document magistériel sur la doctrine du mariage et de la famille, mais aussi la création d’une commission d’experts, théologiens, canonistes, historiens de l’Eglise, chargée de creuser les questions délicates, en particulier celle de l’accès à la communion des divorcés-remariés.

Sans perdre de vue que vérité et miséricorde vont de pair, le synode n’a de cesse de le rappeler, les experts devront discerner ce qui relève de la doctrine, de la discipline et de la pastorale, ouvrant alors la voie à quelques solutions concrètes évoquées au synode: une approche personnalisée des divorcés-remariés sous la conduite des évêques diocésains, une discipline modulable en fonction des conférences épiscopales ou des régions, une démarche pénitentielle en vue d’accéder à la communion, etc… Autant de propositions qui sont loin de faire l’unanimité.

Aux yeux du monde, qui attendait une véritable révolution, le synode pourra ressembler à un échec. Avec le temps qui est le sien, l’Eglise devra cependant prouver le contraire! (apic/i.media/ami/bh)

Bernard Hallet

Portail catholique suisse

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