Les femmes du synode demandent à l’Eglise de revoir sa position sur la contraception

Rome, 17.10.2015 (cath.ch-apic) Des femmes, laïques et religieuses ont invité l’Eglise catholique, le 16 octobre 2015, à revoir sa position sur la régulation des naissances. Elles ont demandé, devant les évêques, de faire confiance aux couples pour juger en conscience.

Lors des 27 interventions des auditeurs devant les pères synodaux, Sharron Cole, présidente des Parents Centres en Nouvelle-Zélande, a appelé l’Eglise à réexaminer son enseignement sur le marriage, la sexualité et sa compréhension de la paternité responsable, dans un dialogue entre laïcs et évêques. Car si la méthode naturelle de régulation des naissances, recommandée par l’Eglise dans l’Encyclique Humanae Vitae en 1968, est «efficace pour les couples motivés, elle reste, en revanche, «irréalisable pour de nombreux couples».

L’Eglise doit discuter de la contraception avec les laïcs

Que ce soit pour des raisons économiques ou pour d’autres raisons, a-t-elle fait observer, chaque couple peut être conduit à utiliser la contraception artificielle dans l’intérêt de la responsabilité parentale, et ce, «non pour des raisons égoïstes, mais pour faire face aux aléas de la vie», a-t-elle insisté. Regrettant le statu quo de l’Eglise sur la question, Sharron Cole a appelé à en discuter à nouveau, mais avec les laïcs, car, le clergé ne dispose pas, selon elle, de l’expertise en matière de sexualité et de psychologie. «Il est dommage que l’Eglise ne fasse pas confiance aux laïcs pour prendre de bonnes décisions, en conscience», a déploré, Sharron Cole.

Un besoin de discernement

La sœur Carmen Sammut, présidente de l’Union internationale des supérieures générales, a souhaité la formation d’équipes interdisciplinaires composées de couples et de religieux pour étudier des thématiques particulières ayant besoin de discernement. La religieuse maltaise a proposé notamment que ces équipes se penchent sur les méthodes de régulation des naissances, avec des couples et des scientifiques. «Dans nos ministères pastoraux de santé et d’éducation, nous sommes appelés à écouter et accompagner des femmes qui ont des enfants et qui savent qu’elles ne disposent pas des ressources financières pour élever un autre enfant», a-t-elle confié tout en soutenant l’Eglise dans son opposition à l’avortement. «Les méthodes de planification familiale naturelles, ne sont pas toujours utiles ni possibles pour la croissance du couple dans l’amour mutuel, surtout si le mari ne coopère pas ou est régulièrement absent», a assuré Sœur Carmen Sammut.

De leur côté, les époux Aïcha et Irénée Kola, membres de la Fédération africaine d’action familiale (FAAF), ont plaidé pour la sensibilisation des jeunes aux méthodes naturelles de régulation des naissances afin de mieux résister à la mentalité contraceptive qui est étroitement liée à la mentalité abortive. Enfin, un couple maronite a évoqué le problème de la conjonction de l’émigration et de la dénatalité qui risque de réduire les chrétiens d’Orient à une espèce en voie de disparation. «On pourrait respecter et comprendre la dénatalité dans le cadre d’une ›parentalité responsable’, et la déplorer si elle est dictée par l’égoïsme et l’individualisme exaspéré», ont-ils déclaré. (apic/imedia/bh)

Bernard Hallet

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