Maria Laura Canineu, la responsable HRW au Brésil alerte surtout sur le nombre d’assassinats perpétrés par la police (plus de 3’000 en 2014) et sur la surpopulation carcérale (61%) du pays. Selon la responsable, le Brésil est même l’un des pires élèves en ce qui concerne les abus de violence dans le cadre de la sécurité publique. « La situation de violence policière ne fait qu’empirer, assure t elle. Nous croyons que cela ne peut exister qu’à travers l’échec généralisé des institutions à combattre l’impunité ».
Dans son rapport, Human Rights Watch alerte sur l’augmentation de 40% du nombre de personnes assassinées par les forces de sécurité en 2014 (données les plus récentes disponibles lors de l’élaboration du document). D’après les chiffres communiqués par le Forum National de Sécurité Publique, ce sont près de 3’000 victimes qui ont été comptabilisées dans le pays. Le document souligne qu’une partie de ses morts sont le résultat d’affrontements, au cours desquels la police a utilisé la force de manière légitime. Une autre partie des ces assassinats sont, en réalité, des « exécutions extrajudiciaires ». Le rapport critique également l’implication de policiers dans le cas de massacres dans divers états du pays.
En ce qui concerne les centres pénitentiaires, Human Rights Watch indique que la surpopulation et le manque de personnel rendent impossibles le contrôle effectif des prisons par les autorités. Le système carcéral du pays accueille actuellement près de 600’000 détenus, soit 61% de plus que sa capacité totale. Une situation qui expose les détenus à une « situation de vulnérabilité et à la merci de factions criminelles ».
L’ONG critique également une initiative de la Chambre des Députés qui a approuvé un projet d’amendement de la Constitution et qui permet de juger et de condamner comme des adultes des jeunes de 16 et 17 ans accusés de crimes graves. Ce projet d’abaissement de la majorité pénale doit être encore approuvé par le Sénat pour pouvoir entrer en vigueur.
Dans cette 26ème édition du rapport annuel de HRW, le géant sud-américain est en revanche cité en exemple pour ses efforts en matière d’accueil de réfugiés, notamment syriens. D’après Maria Laura Canineu, la directrice de HRW Brésil, le pays a adopté une attitude positive sur la question des réfugiés.
« Le Brésil mérite des applaudissements pour l’ouverture de ses frontières et l’accueil de réfugiés, venant pour la plupart de Syrie. Près de 8000 visas humanitaires ont été accordés en 2014. La question aujourd’hui est de créer des opportunités de travail pour ces personnes », a t-elle déclaré. (cath.ch-apic/jcg/bh)
Bernard Hallet
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