Des centaines d’enfants ont été abusés, violés et soumis à de durables traumatismes psychologiques par des clercs, affirme le rapport, cité par le quotidien de Pennsylvanie Pittsburgh Post-Gazette. Les auteurs de ces méfaits ont été couverts par leurs évêques, d’autres responsables d’Eglise et même des fonctionnaires complaisant des autorités civiles, assure encore le document. Le jury d’accusation a publié après deux ans d’enquête un « catalogue des horreurs » de 147 pages. Les abus se seraient produits dans de nombreux lieux tels que des camps de vacances, des domiciles privés et même dans la cathédrale d’Altoona.
Les enquêteurs dénoncent en outre l’inaction des deux évêques précédents: James Hogan, qui a servi de 1966 à 1986 (décédé en 2005) et Joseph Adamec, qui a été en poste de 1987 à 2011, maintenant à la retraite. Ils ont, selon le document, « agi d’une façon qui a mis les enfants encore plus en danger, en plaçant leur désir d’éviter le scandale public au-dessus du bien-être d’enfants innocents ». Le rapport indique notamment que des prêtres ont été remis en fonction alors que leurs autorités étaient clairement au courant qu’ils étaient des prédateurs sexuels. Mgr Adamec a refusé de témoigner devant le jury.
L’évêque actuel, Mgr Mark L. Bartchak, a publiquement regretté tout le mal fait aux enfants et appelé les fidèles à prier pour les victimes. L’évêché a indiqué avoir pleinement coopéré avec la justice dans cette affaire et vouloir continuer dans cette voie.
Le rapport d’enquête affirme qu’un juge local, un shérif et plusieurs autres officiers de police ont laissé le diocèse régler ces affaires à l’interne plutôt que de lancer des procédures pénales. Selon, le jury, les autorités civiles craignaient l’influence politique du diocèse.
Suite à un mécontentement public grandissant concernant les abus, le diocèse avait cyniquement mandaté une commission de contrôle qui n’avait fait que retourner les accusation contre les dénonciateurs. Une victime avait même été menacée d’excommunication, au cas où elle déciderait de poursuivre l’Eglise en justice, et une autre a été obligée de passer un examen gynécologique.
Le diocèse d’Altoona-Johnstown aurait même eu recours, jusqu’en 2005, aux services de détectives privés, chargés de trouver des moyens de miner la crédibilité des accusateurs.
Cette affaire arrive dans un contexte public déjà échaudé par la sortie du film « Spotlight », qui dénonce la couverture offerte aux prêtres abuseurs par les autorités du diocèse de Boston. (cath.ch-apic/ag/rz)
Raphaël Zbinden
Portail catholique suisse
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