Accompagner les malades

C’est une chose difficile que de visiter les malades, peut-être le courage manque-t-il de voir quelqu’un d’aimé souffrir, ou de voir quelqu’un souffrir nous rappelant un être aimé perdu, mais à s’imposer un devoir de visite, l’on risque par-dessus tout de mal faire : chaque visite peut devenir un miroir qui reflète au malade sa maladie.

Mon moral était ruiné, emprisonné dans un récit infernal.

Six semaines après avoir annoncé ma maladie, six semaines de visites et de téléphones quotidiens, six semaines d’une même histoire racontée en boucle, d’un diagnostic commenté tant et plus, ma santé ne s’aggravait pas, mais mon moral était ruiné, emprisonné dans un récit infernal. Il importe donc de ne jamais visiter un malade, mais un vivant. C’est d’abord un état d’esprit, celui que l’on retrouve particulièrement à Lourdes.

 

 

Les malades sont appelés jusque dans leur chair à venir à Lourdes, il y a quelque chose de vital, quelque chose qui donne sens à la maladie dans cette démarche de pèlerin, quelque chose qui s’impose beaucoup plus à la personne souffrante qu’au bien-portant. Il est cependant du devoir du chrétien d’accompagner le malade, c’est-à-dire de vivre avec lui, à son rythme, une expérience spirituelle. Il ne s’agit pas d’aller vers le malade pour remplir un peu son temps, pour l’encourager ou l’écouter, non, il s’agit de vivre avec lui quelque chose que lui ne pourrait pas vivre seul. Visitons les malades dans le même état d’esprit, pour aller au restaurant avec quelqu’un devenu incapable de conduire, aller se balader, jouer aux cartes, discuter politique, aller au cinéma, et si le malade en éprouve le besoin, il parlera de sa souffrance.

On ne vient pas pleurer un malade, on vient prier avec lui!

Lorsque la maladie se fait plus présente, la force manquant pour presque tout, il ne reste que la prière à partager. On ne vient pas pleurer un malade, se lamenter sur son sort par sens du devoir, on vient prier avec lui, pour lui, pour nous, pour les malades. Un ami, que je n’ai pas revu, par la force des choses, depuis longtemps, m’assurait par téléphone de la prière quotidienne de sa famille. Une fois, m’ayant oublié, son fils -qui pourtant ne me connaît pas- rappela tout le monde à la prière pour Pascal. Que c’est émouvant et généreux! Il n’y a rien de plus simple que de prier les uns pour les autres, et il n’y a rien de mieux à faire pour accompagner un malade, sinon de venir à Lourdes, je vous y encourage vivement!

Pascal Fessard | 15.03.2016

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