Dans une tribune parue dans le quotidien italien Il Messagero, Lucetta Scaraffia a ainsi jugé que le pape François avait exprimé «un point de vue très ouvert» sur l’ouverture au diaconat pour les femmes, un sujet qui devrait être considéré comme clos, selon elle. «Le pape sait que dans de nombreuses parties du monde, où les prêtres se font rares, ce sont les femmes qui remplissent certaines de leurs fonctions, comme le font les diacres», estime-t-elle.
«En proposant de rouvrir cette question, François a fait comprendre que cette exclusion n’est pas fondée sur des dogmes, ni même dans la tradition religieuse, mais qu’il s’agit d’un problème de normes liées à un contexte historique», poursuit l’historienne. Le pape a été cependant encore plus courageux quand il a «incité les sœurs à refuser des services qui ne sont pas un travail pour l’Eglise, mais une servitude personnelle aux prêtres, comme les travaux domestiques», juge la plume de L’Osservatore Romano.
Les femmes ne sont pas des subalternes
Le pape François a en outre «répété avec clarté que l’opinion des femmes (…) est important dans les moments décisionnels de la vie de l’Eglise», se réjouit Lucetta Scaraffia. Ces ouvertures seront pourtant difficiles à réaliser, prédit l’éditorialiste de L’Osservatore Romano : «les résistances à l’intérieur de la hiérarchie religieuses sont très fortes». En revanche, si les religieuses continuent à se rebeller face à un rôle subalterne en réclamant toute la place qu’elles méritent, conclut-elle, quelque-chose dans la vie de l’Eglise pourra changer.
Dans le quotidien italien La Repubblica, le cardinal allemand Walter Kasper a quant à lui estimé que le débat allait être «féroce» entre ceux qui pensent que le diaconat permanent féminin est un retour à ce qui était en vigueur dans l’Eglise primitive et ceux qui s’y opposent en arguant que c’est une première étape vers l’ordination sacerdotale des femmes.
Le prélat rappelle que le document sur le diaconat publié en 2003 par la Commission théologique internationale, avait conclu que le ministère (des diaconesses) n’était pas compris comme le simple équivalent du diaconat masculin. Les théologiens rédacteurs estimaient en conclusion, ajoute-t-il, qu’il revient au ministère de discernement que le Seigneur a établi dans son Église de se prononcer avec autorité sur la question. BL/AK
Maurice Page
Portail catholique suisse
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