Le pauvre Lazare, a expliqué le pape François, représente bien le cri silencieux des pauvres de tous les temps et la contradiction d’un monde où d’immenses richesses et ressources sont aux mains d’un petit nombre. Une phrase vivement applaudie par les quelque 28 000 pèlerins rassemblés place Saint-Pierre. En excluant Lazare, l’homme riche, durant sa vie n’a pas tenu compte ni du Seigneur, ni de Dieu, a commenté le pape avant de répéter : «ignorer le pauvre, c’est mépriser Dieu !».
Durant sa vie, l’homme riche faisait semblant de ne pas voir Lazare. «Combien de fois, les gens font semblant de ne pas voir les pauvres», a alors regretté le pape. Une fois mort, Lazare est porté par les anges au ciel auprès d’Abraham, tandis que l’homme riche est en proie à la torture dans le séjour des morts. Il n’est pas condamné pour ses richesses, a expliqué le pape, mais pour avoir été incapable de sentir de la compassion pour Lazare. Ainsi, la parabole met clairement en garde : la miséricorde de Dieu envers nous est liée à notre miséricorde envers le prochain.
Pour se convertir, il ne faut pas attendre de prodiges, mais ouvrir notre cœur à la Parole de Dieu, a poursuivi le pape. Et de conclure: «aucun message ni messager ne pourront remplacer les pauvres que nous rencontrons, parce qu’en eux c’est Jésus qui vient à notre rencontre».
Après sa catéchèse, s’adressant aux pèlerins venus d’Ukraine, le pape François a particulièrement salué «les enfants ukrainiens, orphelins et réfugiés à cause du conflit armé qui perdure dans l’est du pays». Il a assuré prier pour «une paix durable, qui puisse soulager la population si éprouvée et offrir un avenir serein aux nouvelles générations».
Malgré l’instauration de plusieurs trêves, des affrontements meurtriers se poursuivent dans l’est de l’Ukraine. Le conflit a fait près de 9300 morts et plus de 1,5 million de déplacés depuis avril 2014. Le 11 mai, des pourparlers menés à Berlin (Allemagne) entre l’Ukraine, la Russie, l’Allemagne et la France se sont soldés par un échec. La victoire de la chanteuse ukrainienne Jamala à l’Eurovision, le 15 mai dernier, considérée comme un choix politique par la Russie, a ravivé les tensions entre les deux pays. (cath.ch-apic/imedia/bl/mp)
Maurice Page
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/ignorer-pauvre-cest-mepriser-dieu-lance-pape-a-laudience-generale/