Le Saint-Siège et la République centrafricaine signent un accord

Entre le Saint-Siège et la République centrafricaine ont signé, le 6 septembre 2016, un accord cadre. Après des années d’affrontements interethniques et interreligieux, ce document vise à normaliser les relations entre l’Eglise et les autorités politiques du pays.

Constitué d’un préambule et de 21 articles, l’accord-cadre fixe le cadre juridique des relations entre l’Eglise et l’Etat centrafricain, précise un communiqué du Saint-Siège. Les deux parties, tout en «sauvegardant l’indépendance et l’autonomie qui leur sont propres, s’engagent à collaborer pour le bien-être moral, spirituel et matériel de la personne humaine et pour la promotion du bien commun».

L’accord-cadre entrera en vigueur dès la signature des instruments de ratification. Sa signature, au Palais de la Renaissance de Bangui, s’est faite en présence de nombreuses personnalités ecclésiastiques et politiques dont Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de la capitale centrafricaine et président de la Conférence épiscopale locale, et de Firmin Narbada, directeur du cabinet de la présidence de la République.

Encourager la concorde dans le pays

Le 29 novembre 2015, lors de sa visite à haut risque en République centrafricaine, le pape François avait ouvert la porte sainte de la cathédrale de Bangui, pour marquer l’ouverture du Jubilé de la miséricorde. Un geste fort pour encourager l’apaisement des tensions dans le pays, après de longs mois de guerre civile. Cet accord vient ainsi concrétiser le retour au calme, en donnant un statut à l’Eglise catholique dans le pays.

Juste après son élection en février 2016, le président centrafricain avait réservé au pape François l’un de ses premiers déplacements à l’étranger. Il avait alors déclaré à Radio Vatican que «les Centrafricains sont demandeurs pour l’action de l’Eglise et son intervention au sein de nos populations». «Nous pensons que c’est très important que ces accords puissent être établis entre nous et le Saint-Siège», avait-il notamment souligné.

Minoritaires en Centrafrique, les catholiques représentent moins de 30% de la population contre 50% de protestants, 10% de musulmans et 10% d’animistes. Comme souvent dans les Etats encore fragiles, explique Radio Vatican, l’Eglise catholique y joue un rôle important dans la cohésion du pays, notamment à travers son réseau d’écoles et d’hôpitaux.

L’hôpital romain Bambino Gesù, propriété du Saint-Siège, a par exemple lancé une initiative de parrainage avec l’Université de médecine et l’hôpital pédiatrique de Bangui. La présidente du Bambino Gesù, Mariella Enoc, a présenté le 6 septembre, au Vatican, ce projet au pape François, qui a promis d’y apporter une aide financière personnelle. (cath.ch-apic/imedia/mp)

Maurice Page

Portail catholique suisse

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