Les Eglises suisses rappellent que la dignité humaine n’est pas négociable

«L’être humain ne peut garantir lui-même sa dignité, c’est donc toujours la dignité d’autrui qu’il faut protéger». C’est la conviction que les Eglises catholique romaine, catholique-chrétienne et protestantes de Suisse rappellent à l’occasion du 10 décembre, Journée internationale des droits humains.

Dans de nombreux domaines tels que la migration, la mondialisation et le commerce international, le changement climatique, la protection de l’environnement, ou encore le début et la fin de vie, le respect des droits humains ne va pas de soi, soulignent les Eglises dans un communiqué du 8 décembre. A l’occasion de la Journée internationale des droits humains, elles martèlent que la protection de la dignité n’a rien à voir avec la libre disposition de soi. «Bien au contraire, la dignité précède toujours l’autodétermination. L’être humain ne peut garantir lui-même sa dignité, c’est donc toujours la dignité d’autrui qu’il faut protéger».

Quand les personnes âgées devront se justifier de vivre

L’exigence éthique d’indisponibilité est généralement refusée car elle constituerait une entrave au progrès scientifique et technique et à l’activité économique. Ce pouvoir discrétionnaire a un prix que payent celles et ceux qui sont forcés à l’indisponibilité, n’ayant ni pouvoir politique, ni capacité économique. Pour les Eglises en Suisse, une partie de l’humanité s’arroge ainsi le droit de décider de la vie d’une autre partie. «Les rassasiés décident du sort des affamés, les puissants de celui des faibles, les vivants disposent du destin de celles et ceux qui ne sont pas encore nés». «Peut-être le temps n’est-il plus très éloigné où les personnes âgées devront justifier leur prétention à vivre dans notre société en y jouissant du même respect et des mêmes droits que ceux qui mènent une vie souveraine et productive, en termes économiques», s’interrogent les Eglises.

La dignité de l’être humain ne se construit pas

Pour ces dernières, les appels au respect de la dignité humaine ne suffisent pas. La pensée et l’action doivent être fondamentalement réorientées. «La disponibilité érigée en dogme dénie à la dignité la place qui lui revient dans le monde. Car la dignité renvoie précisément à ce qui doit pour toujours rester hors de portée de l’homme». L’obsession que tout est possible ne tolère pas l’idée de laisser une chose telle qu’elle est parce qu’il est bon qu’il en soit ainsi, rappellent les Eglises. La dignité de l’être humain et de la créature ne se construit pas, elle ne peut qu’être, et être admise comme telle, concluent-elles.

Les Eglises invitent à considérer la pétition de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture. (ACAT) dans le cadre de l’Action pour la Journée des droits humains (Des soins médicaux convenables pour toutes les personnes incarcérées en Suisse). (cath.ch/com/rz)

Raphaël Zbinden

Portail catholique suisse

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