L'abbatiale de Payerne sauvée de l'effondrement

L’abbatiale de Payerne est désormais prête à défier le temps. La dernière étape de renforcement de la structure de l’église réformée, qui menaçait de s’effondrer, a été menée avec succès le 13 décembre 2016.

Les murs de l’abbatiale s’écartaient et s’inclinaient dangereusement, assure au quotidien romand 24 Heures David Martin, l’un des ingénieurs en charge du dispositif. Les dernières technologies ont été utilisées pour stopper l’affaissement de l’édifice érigé en l’an 1000. De par sa construction audacieuse et empirique, l’abbatiale de Payerne a souffert dès ses débuts d’une instabilité structurelle entraînant la dégradation des voûtes.

Le 13 décembre dernier, les contreforts en acier posés rapidement sur les flancs de l’église en 2010 ont été retirés. Une étape cruciale dans les travaux. Une fois les fondations bétonnées et renforcées, les murs ont été mis sous tension à l’aide de gros câbles en acier et de vérins hydrauliques. Cette technique dite de la «précontrainte» n’avait encore jamais été utilisée à cette échelle sur des monuments historiques. La Commission fédérale des monuments historiques a minutieusement étudié le projet avant de donner son feu vert.

Le chantier devrait durer jusqu’en 2018. Le coût de cette étape est chiffré à 7,5 millions de francs. La démarche de sauvegarde est menée par la commune de Payerne, propriétaire de l’église, en partenariat avec l’Association pour la restauration de l’Abbatiale.


Catholique de naissance

Edifiée dès l’an 1000, l’abbatiale protestante Notre-Dame de Payerne est la plus grande église romane de Suisse. Elle est, avant la Réforme, l’église de l’abbaye bénédictine de Payerne. Les rois de Bourgogne, puis les empereurs germaniques y font de nombreux dons, jusqu’à la réforme protestante et l’expulsion des moines en 1565. Le cloître est alors détruit, ainsi que les bâtiments abbatiaux. Ne subsistent que la salle capitulaire et une aile de l’abbaye qui est inscrite comme bien culturel suisse d’importance nationale.

L’architecture de l’abbatiale est construite selon un schéma clunisien, de l’abbaye française de Cluny, à l’origine d’un renouveau monastique en Occident, au 10e siècle. De nombreux éléments proviennent toutefois d’une inspiration gothique plus tardive (15e siècle).

L’abbatiale a été classée en 1899, «édifice religieux voûté le plus grandiose du pays». Elle est un centre de vie culturelle pour Payerne et la région. Son rayonnement dépasse de loin les frontières nationales, notamment grâce à son orgue, fabriqué en 1999 par le facteur allemand Jürgen Ahrend. L’instrument, qui est conçu pour l’acoustique particulière de l’édifice, jouit d’une renommée internationale. C’est aussi le cas du musée de l’abbatiale, qui met en lumière l’héritage clunisien. (cath.ch/24h/arch/rz)

Raphaël Zbinden

Portail catholique suisse

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