Rachel, «modèle d’espérance dans les larmes» affirme le pape

Poursuivant son cycle de catéchèse sur le thème de l’espérance chrétienne, le pape François s’est appuyé sur la figure de Rachel, «modèle d’espérance dans les larmes», lors de l’audience générale du 4 janvier 2017.

Rachel a perdu pour toujours ses enfants, ils «ne sont plus»: cette figure de la Bible représente «la souffrance de toutes les mères du monde qui vivent une perte irréparable», a estimé le pape François. «Rachel ne veut pas être consolée», et selon lui, «ce refus exprime la profondeur et l’amertume de ses larmes».

Rachel est un personnage de la Genèse. Elle est la cousine et la seconde femme de Jacob. Elle est également la fille de Laban et la sœur de Léa. Tout d’abord durement éprouvée par sa stérilité, Dieu lui accorde finalement de donner naissance à deux enfants: Joseph et Benjamin.

«Il faut s’unir aux pleurs» de celui qui souffre pour «essuyer les larmes de son visage», a recommandé le pape, avant de sortir de son texte: «et si je ne peux pas, il vaut mieux garder le silence et s’en tenir aux caresses et aux gestes». Ainsi Dieu, «avec sa délicatesse et son amour», répond-il aux pleurs de Rachel par des paroles de vérité, par la promesse porteuse de consolation qu’elle aura une descendance et que celle-ci reviendra d’exil. «Les larmes ont généré de l’espérance», a souligné le pape.

La consolation du Christ naît des pleurs

Le pontife a fait remarquer que cette figure de Rachel a ensuite été reprise par saint Matthieu, lorsqu’il est question dans son évangile de la persécution des saints Innocents, tués par Hérode à cause de la naissance de Jésus. «Et lui, Agneau innocent, devait mourir à son tour pour tous», a expliqué le pape François.

«Le fils de Dieu est entré dans la douleur des hommes (…) sa parole est définitivement parole de consolation, parce qu’elle naît des pleurs», a-t-il précisé. «Quand quelqu’un me dit pourquoi souffrent les enfants, je ne sais quoi répondre», a réagi spontanément le pape François, «je dis seulement: regarde le crucifix, lui aussi a souffert».

«Voir l’amour de Dieu qui a offert son fils pour nous, a-t-il souligné, nous indique quelques voies de consolation». «Sur la croix ce sera lui le fils mourant qui donnera une nouvelle fécondité à sa mère», a expliqué le pontife. A l’instar de Rachel, a-t-il insisté, les pleurs de la Vierge Marie «ont suscité l’espérance et la vie nouvelle».

Dispenser aux fidèles une formation doctrinale et morale

Au moment de saluer les pèlerins polonais, le pape François a rappelé que l’Epiphanie du Seigneur était sur le point d’être célébrée le 6 janvier prochain. Le pontife s’est alors uni aux nombreux cortèges solennels des mages qui seront organisés ce jour-là dans le monde.

Le pape s’est par ailleurs adressé aux pèlerins français leur formulant le vœu que le Seigneur Jésus les garde «tout au long de cette année dans l’espérance de la foi». Et ce, «même si la vie est parfois difficile et les difficultés et les inquiétudes ne manquent pas».

S’adressant aussi aux Italiens, le pape François a mentionné le 45e anniversaire du centre apostolique Famille Associative prière et charité. Ce centre a été créé par le bienheureux Vincenzo Romano, un prêtre qui a consacré sa vie aux enfants et au soin des pécheurs. Vincenzo Romano, a soutenu le pape François, était convaincu que le premier engagement de chaque bon prêtre devait être la formation doctrinale et morale dispensée à ses propres fidèles.

Massacre dans une prison brésilienne

Le pontife a achevé cette audience en évoquant le drame causé par le massacre survenu dans la prison de Manaus, au nord du Brésil. Une mutinerie a en effet provoqué la mort de 56 personnes, dans la nuit du 1er au 2 janvier. «J’exprime ma douleur et mes préoccupations pour ce qui s’est passé. J’invite à prier pour les défunts, leurs familles et pour tous les détenus de cette prison et du monde», a-t-il déclaré.

Le pontife a ensuite renouvelé son appel pour que les prisons deviennent des lieux de rééducation et de réinsertion sociale et que les détenus soient dignement traités. Le pape a conclu cet appel solennel en récitant avec les 6’000 participants un Je vous salue Marie, adressé à la Madone des détenus. (cath.ch/imedia/ah/rz)

Raphaël Zbinden

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