Mgr Jean-Marie Lovey à la rencontre de cath.ch

«Je vis joyeusement mon épiscopat», assure Mgr Jean-Marie Lovey, à l’occasion d’une visite, le 14 mars 2017, dans les locaux de Cath-Info à Lausanne. L’évêque de Sion a fait le point sur les défis et les satisfactions de ses premières années à la tête du diocèse.

«Contrairement à ce que j’imaginais, occuper la charge d’évêque, c’est pour moi mission possible», souligne le prélat valaisan. Lorsqu’on lui a proposé de succéder à Mgr Norbert Brunner, en 2014, Jean-Marie Lovey ne se pensait pas à la hauteur de la tâche. «Mais je me suis longuement questionné sur la volonté de Dieu et je lui ai mis à disposition ce que je suis». L’ancien prévôt du Grand-Saint-Bernard assure que cette réflexion l’a apaisé et amené à accepter cette mission. «Petit à petit, j’ai intégré le fait que tout ne peut pas être lisse et facile et j’ai abandonné la prétention de tout maîtriser».

Rencontrer une Eglise vivante

Il confie que ses plus grandes joies sont liées à la rencontre avec ses fidèles. Il note à ce titre le dernier Festival des familles, qui s’est déroulé dans le chef-lieu valaisan le 12 mars dernier. L’évêque a été extrêmement touché par cette «catéchèse intergénérationnelle».

Les visites pastorales, qu’il effectue régulièrement dans tous les secteurs du diocèse, sont également pour lui une grande source d’enrichissement. Elles lui permettent de faire de belles découvertes et de se rendre compte que l’Eglise y est vivante et active «sans forcément beaucoup d’éclat ou de bruit». C’est une façon pour le prélat de «sentir l’odeur de ses brebis», comme le pape François le préconise de la part des évêques.

Conjuguer le Haut et le Bas

Au-delà d’une pastorale qui de manière générale «fonctionne bien», le diocèse est marqué par un certain nombre de difficultés. Il admet que des tensions existent au sein de plusieurs secteurs et que la gestion de ces réalités humaines est parfois complexe. «Le défi de la communion est permanent», commente-t-il.

Les différences linguistiques et culturelles entre le Bas et le Haut-Valais (germanophone) constituent également un défi qu’il s’efforce de relever. Il confie à ce propos qu’il aurait voulu mieux maîtriser l’allemand, afin de pouvoir participer davantage à la vie pastorale de cette région. Il se dit admiratif, au passage, de la capacité de beaucoup de Haut-Valaisans de parler le français. Il évoque également des différences de «sensibilité ecclésiale» entre les deux parties du canton, qui peuvent être compliquées à gérer.

A l’écoute des victimes d’abus

Les affaires d’abus sexuels au sein de l’Eglise ont, comme ailleurs, touché le diocèse de Sion. L’évêque est actuellement en lien avec une dizaine de victimes, qu’il s’efforce de rencontrer personnellement et de soutenir. «Il s’est passé des choses abominables. Certaines de ces personnes sont blessées à vie», assure-t-il. Il précise néanmoins qu’il est faux de prétendre, à l’instar de certains, que l’Eglise essaie de cacher des choses ou ne fait rien dans ce domaine. Il note que le diocèse a créé une commission d’écoute pour venir en aide aux personnes abusées.

L’évêque de Sion était invité à Lausanne, le 14 mars 2017, par la rédaction de cath.ch, dont il a assuré consulter tous les jours le fil d’info. Mgr Lovey avait avoué, juste après son élection, avoir «peur des journalistes». Cela ne l’a pas empêché de s’atteler rapidement au renforcement de la communication du diocèse. Notamment en organisant régulièrement des conférences de presse. Le prélat confie qu’il est ainsi, au travers du dialogue et de la rencontre, devenu beaucoup plus confiant face aux médias. Signe que Mgr Lovey s’efforce d’aller sans crainte au devant de tous. (cath.ch/rz)

 

Raphaël Zbinden

Portail catholique suisse

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