apic/TV Globo/CIMI et CONIC
« Accuser les missionnaires en Amazonie de collusion avec
les compagnies minières européennes, est faux et diffamatoire »
Sao Paulo, 30janvier(APIC) Le Conseil national des Eglises chrétiennes
(CONIC) et le Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI) protestent contre une
émission de la TV brésilienne Globo diffusée la semaine dernière à une heure de grande écoute. Ce reportage accuse notamment « les missionnaires auprès des Indiens de lutter pour la démarcation des terres des tribus indiennes dans le but de les transformer en réserves de minéraux pour être
exploitées ensuite par des compagnies minières européennes ». Aux yeux des
deux organisations catholiques, les informations données durant le TV Journal sont « fausses et diffamatoires ».
Le CONIC et le CIMI s’étonnent aussi que le reportage fait par la TV
Globo s’en prenne également à un mystérieux « Conseil mondial des Eglises
chrétiennes » que l’on peut confondre avec le Conseil oecuménique des Eglises (COE).
Pour donner du crédit à sa nouvelle-choc, TV Globo a montré un reporter,
Marcos Losekan, affirmant avoir survolé durant 5 heures les territoires indiens. Ce reporter a dit que ces derniers n’étaient pas toujours habités
par des Indiens. Il ajoutait: « La superficie des territoires indiens augmente régulièrement dès qu’une organisation internationale ou que des membres des Eglises découvrent l’existence de minéraux dans le sol ».
Indignation du CONIC
Mgr Sinesio Bohn, évêque de Santa Cruz du Sul et président du CONIC, a
réagi immédiatement en publiant une note de protestation à Porto-Alegre
(Etat de Rio Grande do Sul). L’évêque dit son indignation devant des informations « totalement fausses, tendancieuses et de mauvaise foi », diffusées
par des moyens de communications de masse et qui fragilisent finalement les
peuples indigènes de l’Amazonie. Le CONIC dénonce aussi la présentation à
la TV d’un faux document qui lie le CIMI à une prétendue organisation religieuse mondiale qui n’existe pas, à moins qu’on ne veuille sournoisement et
sans aucun fondement mettre en cause le Conseil oecuménique des Eglises
dont le siège est à Genève. Le CONIC rappelle encore que toutes les activités du CIMI en terre brésiliennes sont appuyées par les Eglises, en mission
de service et de témoignage au peuple indien.
Une politique contre l’actuelle Constitution
Pour le CONIC enfin, les personnes qui ont intérêt à fournir l’argent et
la matière pour ce reportage télévisé ne sont pas difficiles à démasquer:
« Il s’agit de personnes qui veulent restreindre les droits des Indiens garantis par l’actuelle Constitution, droits durement conquis en 1988. Une
telle pression s’inscrit dans le contexte de l’inopportune revision de la
Constitution fédérale actuellement en cours ».
La note de Mgr Bohn critique nommément la chaîne « Globo »de télévision
qui a accepté une vile manoeuvre visant à désinformer le peuple brésilien
et en servant les intérêts de groupes économiques attirés par les richesses
des terres indiennes.
Objectif final: extermination du peuple indien?
Le CIMI a exprimé également une vive réaction contre l’émission de la TV
Globo. Par plusieurs exemples, il montre que les terres des Indiens ne sont
pas agrandies arbitrairement par les missionnaires lorsqu’on découvre de
nouveaux minéraux sur le sol. Cette accusation est absurde. Les responsables du CIMI démontrent qu’au contraire la démarcation des terres des Indiens est ralentie, voire obstruée par la découverte, comme dans le cas de
la tribu des Yanomami, par la découverte de mines qui ont provoqué l’invasion de chercheurs d’or. Le CIMI donne aussi l’exemple du peuple WaimiriAtrari qui a vu son territoire occupé par l’entreprise Taboca, du groupe
Paranapanema, qui a installé la plus grande mine à ciel ouvert du monde.
Pour le CIMI, les peuples indiens continuent « d’être la cible de campagnes
orchestrées dont l’objectif final est leur extermination ». Les programmes
de la TV Globo participent à ces campagnes qui visent en premier lieu à modifier le chapitre consacré aux Indiens dans la Constitution fédérale. Le
deuxième objectif veut favoriser les intérêts de grandes compagnies minières ou d’exploitation de bois tropicaux dans les territoires réservés aux
Indiens.
De plus, dénonce encore le CIMI, ceux qui brandissent ostensiblement la
bannière nationale, font le contraire de ce qu’ils disent. Ils sont intéressés à offrir l’exploitation des mines pour les intérêts de compagnies
étrangères. Pour faciliter ensuite la participation d’entreprises brésiliennes. Le CIMI enfin lance un appel pour une grande mobilisation des Brésiliens afin de défendre la vie des Indiens: « Il ne convient surtout pas de
se laisser influencer par la propagande ’terroriste’ de Rede Globo ou de
n’importe quel autre monopole privé de communication sociale ».
Dernier élément survenu dans cette controverse nationale à propos de
l’émission controversée de la TV Globo: Le Mouvement des Droits des Indiens
du Brésil vient de rendre public un reçu émis par l’entreprise de location
d’avions « Mesquita Taxi Aereo », qui prouve que l’entreprise minière « Timbo
Diamantes » a payé un voyage d’avion de cinq heures pour le reporter de la
TV Globo pour faire son reportage sur les territoires des Indiens. (apicem/ba)
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