L’Eglise ne doit pas hésiter à investir dans la communication
Matran/Fribourg, 27janvier(APIC) « N’ayez pas peur des médias ». Tel est le
principal message que les acteurs de l’information religieuse ont tenté de
faire passer aux 150 prêtres, religieuses et laïcs du canton de Fribourg,
réunis pour leur session pastorale annuelle à Matran. A l’inverse, la naïveté face à la presse est tout aussi dangereuse. Connaître le langage et le
fonctionnement des médias écrits ou audio-visuels devrait être une priorité
pour les agents d’Eglise, a insisté André Kolly, directeur du Centre catholique de radio et télévision.
Six des acteurs de l’information religieuse en Suisse romande se sont
soumis au jeu des questions. Pour informer d’abord sur leur rôle respectif,
pour discuter de leurs rapports avec le clergé, les paroisses, les évêques
ou l’Eglise en général.
Etre informateur religieux c’est souvent se trouver entre le marteau et
l’enclume, témoigne Yvan Stern, attaché de presse du diocèse. Correspondre
à la fois aux voeux du public et de la hiérarchie et répondre aux exigences
propres au journalisme n’est pas toujours aisé. Les mots patience et charité reviendront plusieurs fois dans la bouche des journalistes. Bernard Bovigny, qui occupe le même poste au niveau cantonal, se définit comme la
courroie de transmission entre la paroisse ou le mouvement, détenteurs de
l’information, et la presse. Il constate assez souvent dans les milieux
d’Eglise une méconnaissance des critères journalistiques ou des problèmes
’techniques’.
Gérard Tinguely, responsable de la rubrique régionale de « La Liberté »,
comprend la frustration ressentie par certains face à la couverture d’événements d’Eglise. La rubrique régionale est ouverte à la vie religieuse au
même titre qu’elle l’est à la vie politique, sociale ou économique. Il lui
est cependant impossible de tout relater. Et Gérard Tinguely de souhaiter
des interlocuteurs « un peu moins rouspéteurs et un peu plus acteurs ».
Jacques Berset, rédacteur en chef de l’agence de presse internationale
catholique (APIC), rappelle que le journaliste, même s’il prétend être un
’historien du quotidien’, voit la réalité à travers les ’lunettes’ de sa
sensibilité, de sa formation, de ses opinions. La vraie norme n’est donc
pas l’objectivité, mais l’honnêtété et le respect de l’information. S’il
arrive aux journalistes de travailler très vite, trop vite, leur bonne foi
ne doit pas être remise en cause systématiquement. « Si nous faisons des erreurs, dites-le nous », renchérit Gérard Tinguely.
Pour Soeur Claire, de « Paroisses vivantes », trouver le style qui permette d’être reçus constitue la principale difficulté. Regroupant dans ses pages des parties romande, cantonale et paroissiale, « Paroisses vivantes » se
veut un lieu de contact entre les chrétiens. Cette qualité n’est peut-être
pas suffisamment appréciée, déplore la religieuse qui souligne que les paroisses doivent être capables d’investir dans les médias, au niveau financier, mais aussi pour la formation.
Faire passer son message d’espérance est beaucoup plus difficile pour
l’Eglise que de faire parler de ses problèmes. L’information sur l’Eglise
ne peut se limiter à l’anecdote ou au scandale, même si le pluralisme est
de règle.
Les intervenants ont été unanimes à constater que le paysage médiatique
’catholique’ de Suisse romande reste riche tant dans le domaine de l’écrit
que dans celui de l’audio-visuel. Les responsables d’Eglise ne devraient
pas hésiter à investir et à s’investir dans les médias. (apic/mp)
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