Regarder la télévision peut être dangereux: (250194)

Message du pape pour la 18e Journée mondiale des communications sociales

dire non à la TV «nounou électronique»

Rome, 25janvier(APIC) La télévision peut enrichir la vie familiale, comme

elle peut lui porter dommage: c’est la mise en garde adressée par Jean-Paul

II à l’occasion de la 18e journée mondiale des communications sociales, qui

sera célébrée le 15 mai prochain.

Le pape a choisi pour thème de la journée 1994 «Télévision et famille:

critères pour une saine utilisation». Un thème particulièrement opportun,

relève-t-il, durant l’Année internationale de la famille. Puisqu’il met en

lumière les responsabilités des parents, de l’industrie de la télévision,

des autorités publiques, de ceux qui ont une responsabilité pastorale ou

éducative dans l’Eglise, auxquels il revient de faire de la télévision «un

médium de plus en plus efficace pour aider les familles à remplir leur rôle

comme force de renouveau moral et social».

Jean-Paul II insiste particulièrement sur la grave responsabilité des

parents, qui doivent «aider activement leurs enfants à acquérir, dans leurs

habitudes de récepteurs, un sain développement humain, moral et religieux».

Les parents doivent s’informer à l’avance sur les contenus des programmes

et faire «un choix conscient, sur la base du bien de la famille, de regarder ou de ne pas regarder»; ils doivent discuter de la télévision avec

leurs enfants, «en les guidant pour régler la quantité et la qualité de

leur vision», les aider à percevoir et à juger les valeurs morales qui inspirent les programmes particuliers. Et le pape de renvoyer à son dernier

message pour la Journée mondiale de la Paix: la famille est «l’agent privilégié de la transmission des valeurs religieuses et culturelles qui aident

la personne à forger son identité».

Une grande rigueur

Jean-Paul II réclame une grande rigueur: «Former les habitudes

d’utilisation des enfants, cela peut vouloir dire éteindre simplement

l’appareil, soit qu’il y a mieux à faire, que la considération pour les

autres membres de la famille l’exige, soit parce que regarder sans cesse la

télévision peut être dangereux. Les parents qui utilisent la télévision

comme une sorte de «nounou électronique» renoncent à leur rôle prioritaire

d’éducateurs de leurs enfants. Cette dépendance de la télévision peut

priver les membres de la famille des occasions d’entrer en relation

mutuelle par la conversation, par des activités communes et la prière

ensemble. Les parents éclairés sont conscients que même les bons programmes

doivent être complétés par d’autres sources d’information, de

divertissement, d’éducation et de culture.»

Le pape engage les parents à exprimer leurs préoccupations légitimes aux

producteurs et aux responsables des médias, quitte à se joindre aux associations qui représentent leurs intérêts face aux médias, aux sponsors et

aux publicitaires, ainsi qu’aux autorités publiques.

Code éthique

Des travailleurs de la télévision, le pape attend que, conscients du

pouvoir de ce médium, ils promeuvent de saines valeurs morales et spirituelles et évitent tout ce qui nuit aux familles dans leur existence, dans

leur stabilité et leur bonheur, y compris, comme le demandait Paul VI en

1969, «l’érotisme et la violence, la défense du divorce et les attitudes

anti-sociales des jeunes».

On attend souvent de la télévision, constate le pape, qu’elle traite de

questions graves, comme l’échec des institutions sociales, «y compris du

gouvernement ou de la religion». Elle doit le faire de façon responsable,

en évitant le sensationnalisme et «avec une sincère préoccupation pour le

bien de la société, ainsi qu’avec un respect scrupuleux de la vérité».

Quant à l’industrie de la télévision, écrit Jean-Paul II, elle devrait,

en raison de sa responsabilité publique, «développer et observer un code

éthique incluant l’engagement à servir les besoins de la famille et promouvoir les valeurs favorables à la vie familiales». A cet égard, les conseils

des médias, composés de membres de l’industrie et du public, sont «une forme hautement souhaitable de rendre la télévision plus responsable eu égard

aux besoins et aux valeurs de son public».

Le service du bien commun: une tâche publique

Jean Paul II insiste sur la responsabilité publique de la télévision et

en tire les conséquences: «Tant la gestion publique que la gestion privée

des chaînes représentent la tâche publique du service du bien commun; elles

ne doivent pas préserver uniquement les intérêts commerciaux et ne peuvent

être un instrument de pouvoir et de propagande, pour les élites sociales,

économiques et politiques». C’est pourquoi la famille, cellule de la société, «mérite d’être assistée et défendue par des initiatives appropriées de

l’Etat et des autres institutions». Pour le pape, «cela indique certaines

responsabilités de la part des autorités publiques en ce qui concerne la

télévision».

Après avoir évoqué le rôle des agences liées à l’Eglise et invité les

Conférences épiscopales et les diocèses à inclure la «dimension familiale»

de la télévision dans le plan pastoral de communication, le pape dit son

souhait que les professionnels de la télévision profitent de l’aide du ministère pastoral de l’Eglise, «qui peut les aider à apprécier les principes

religieux et éthiques qui donnent pleine valeur à la vie humaine et familiale».

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