Rome: Jean Paul II rêve de visiter
Le pape pour la première fois à la Salle de presse du Vatican
Rome, 24janvier(APIC) Le 24 janvier, fête de saint François de Sales, patron des journalistes, Jean-Paul II a rendu visite à la Salle de presse du
Vatican. Aux quelque 300 journalistes accrédités auprès du Saint-Siège le
pape a exprimé son désir d’effectuer un pèlerinage à travers tout le MoyenOrient. Pour la Chine, Jean Paul II attend « un geste » des autorités.
« Je veux m’excuser auprès de vous, du supplément de fatigue que j’ajoute
souvent à votre travail et, auprès de vos proches, du temps que vous devez
consacrer à votre activité professionnelle », a déclaré Jean Paul II aux
journalistes. Il s’est dit d’ailleurs bien conscient de la profusion de documents, événements et voyages (61 à ce jour) qui caractérise son pontificat.
« Il incombe aux journalistes qui traitent l’information religieuse le
devoir délicat et difficile de répercuter le message de l’Evangile » dans le
monde d’aujourd’hui. En se gardant, a ajouté Jean Paul II, de juger « les
événements religieux comme s’il s’agissait d’événements simplement humains ». Aux yeux du pape, l’informateur religieux est appelé à « incarner
l’Evangile dans la nouvelle culture créée par les médias, pour surmonter
cette fracture entre l’annonce évangélique et la culture, dans laquelle
Paul VI avait vu la tragédie de notre temps ».
Recevant le pape dans la « nouvelle » Salle de presse, dont les locaux ont
été rafraîchis et réaménagés l’an dernier, le directeur, le laïc espagnol
Joaquin Navarro-Valls, membre de l’Opus Dei, lui a fourni quelques données
concernant l’outil de travail des « vaticanistes »: 300 journalistes y sont
accrédités en permanence au service de 190 médias (journaux, agences, radios et télévisions) de 55 pays. Un calcul effectué l’an dernier indique
que plus des quatre cinquièmes des informations concernant le pape et le
Saint-Siège passent par ces journalistes accrédités.
Aux activités ordinaires de la Salle de presse, il faut ajouter près
d’un millier d’accréditations temporaires par an, à l’occasion d’événements
extraordinaires, tels les synodes.
Le pape a souligné l’importance des médias, « sources très importantes
d’information et d’éducation, de conseil et d’inspiration au niveau des
comportements individuels, familiaux et sociaux ». Compagnons d’un même pèlerinage, le pape et les journalistes sont souvent témoins d’événements
dramatiques. « Mais nous sommes aussi, a observé le pape, les témoins de signes d’espoir encourageants ».
Tout en excluant toute idée millénariste, Jean Paul II a rappelé que le
début du troisième millénaire chrétien, avec le jubilé de l’an 2000, « sera
une étape importante non seulement pour la communauté ecclésiale, mais aussi pour la vieille Rome, pour l’Europe et pour tout le genre humain. » Je
suis convaincu que le grand mystère de la foi y paraîtra de nouveau. »
Comme Abraham, d’Ur, en Chaldée à la Terre Sainte
Répondant aux questions de ses hôtes, Jean-Paul II a souligné que son
prochain voyage au Liban, à la mi-printemps, est enfin devenu réalisable.
Son importance est liée au synode des évêques sur le Liban, dans une Eglise
d’Orient aux visages multiples. Ce voyage lui donnera en outre l’occasion
de rencontrer les patriarches orthodoxes.
Mais Jean-Paul II veut visiter tout le Proche-Orient. Il rêve de partir,
comme Abraham, de l’antique cité d’Ur, en Chaldée (l’actuel Irak), pour
suivre les voies du peuple de Dieu, qui mènent en Israël, bien sûr, mais
aussi en Egypte, puis la route d’Antioche, en Turquie, avant de trouver son
« chemin de Damas » en Syrie, lieu de la conversion de saint Paul. Un voyage
à Jérusalem pourrait être « l’occasion d’expliquer bien des choses ». Mais ce
serait surtout, pour le pape, une occasion « de prier et de méditer ».
A propos du sens qu’il faut donner à son désir de visiter la Chine, exprimé en juin 1993 à Macerata (Italie), le pape a rappelé que, à ce qu’il
semble, le nombre des catholiques a augmenté considérablement dans ce pays,
et qu’on ne peut négliger aucune possibilité de nouer le contact, même si
les rapports au niveau politique sont difficiles, en raison aussi de
l’existence de deux Chine. Jean-Paul II attend « un geste », qui concrétise
les déclarations de certains responsables chinois affirmant leur volonté
d’améliorer les relations avec le Vatican.
En Orient, l’évangélisation a produit peu de fruits, du moins si l’on
s’en tient aux statistiques. Ces cultures anciennes connaissent le Christ,
quelquefois l’apprécient, a expliqué le pape, citant l’exemple de Gandhi,
mais le monde chrétien leur apparaît divisé et ils ont du mal à envisager
une conversion au christianisme quand ils se sentent les héritiers de cultures plus anciennes, mieux « rôdées » pour la vie.
Jean-Paul II a attiré l’attention des journalistes sur l’importance du
prochain synode des évêques d’Afrique qui se tiendra en avril-mai. Il aura
lieu au Vatican, entre autres pour en faciliter la couverture par les médias. (apic/sv/mp)
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