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Fribourg: « Rester sans guerre ne veut pas dire être en paix » (180194)

Conférence de Mgr Eleuterio Fortino, sous-secrétaire

du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens

Fribourg, 18janvier(APIC) « Rester sans guerre ne veut pas dire être en

paix ». C’est en ces termes que Mgr Eleuterio Fortino, sous-secrétaire du

Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, qualifie la situation actuelle de l’oecuménisme. Présent à Fribourg dans le cadre de la Semaine de

prière pour l’unité des chrétiens, le prélat a présenté les enjeux du nouveau Directoire oecuménique de l’Eglise catholique. C’est un instrument de

promotion, de formation et d’action pour les catholiques et de connaissance

pour les membres des autres confessions.

Issu d’une communauté albanaise catholique d’Italie du sud, rattachée au

rite oriental, Mgr Eleuterio Fortino était comme prédestiné à l’oecuménisme. En tant que ’chef d’orchestre’ du nouveau Directoire oecuménique, selon

le mot du professeur Walsh, Mgr Fortino a relaté le processus de conception

du document et indiqué une série de principes de compréhension.

Le directoire oecuménique est en fait le second de son genre. Un premier

document avait été promulgué en 1967 et 1970 pour mettre en oeuvre les

principes de Vatican II. L’évolution de la situation en Europe de l’Est et

le développement du dialogue oecuménique ont rendu nécessaire une refonte

totale. Lancé en 1986, le projet a été soumis à plusieurs consultations

successives: celle des théologiens, des conférences épiscopales du monde

entier, des dicastères de la curie romaine, de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avant d’être approuvé par le pape Jean Paul II, le 25 mars

1993.

Pour la compréhension du texte, Mgr Fortino souligne qu’il convient

d’abord de se rappeler que selon l’enseignement traditionnel catholique,

l’Eglise du Christ subsiste pleinement dans l’Eglise catholique. On affirme

cependant que malgré les blessures, la communion entre l’Eglise catholique

et les autres Eglises et communautés chrétiennes n’a jamais été totalement

anéantie.

Le degré de communion varie selon les Eglises. Les catholiques étant

plus proches des orthodoxes que de protestants par exemple, il est normal

que les normes canoniques diffèrent à cet égard.

Si le premier directoire s’adressait en priorité aux pasteurs de l’Eglise, le nouveau document insiste sur la responsabilité de l’Eglise toute entière, ou comme le dit le pape: l’oecuménisme n’est pas une activité facultative. Ce qui implique qu’il se pratique à tous les niveaux, dans des conférences théologiques internationales , comme dans les communautés locales.

Le lecteur du directoire doit en outre tenir compte du fait que ce document n’est pas homogème, il présente à la fois une réflexion doctrinale et

des normes canoniques et pastorales. Le directoire se veut pour les catholiques un document pour la promotion, la formation et l’action. Pour les

membres des autres confessions, il permet de connaître la position catholique et la direction suivie. « Je ne peux accepter le Directoire, mais je

l’apprécie beaucoup », disait un pasteur italien.

Enfin il faut garder à l’esprit que le problème majeur reste théologique

et doctrinal. Plus les différences sont clairement exprimées, plus le dialogue est difficile, reconnaît Mgr Fortino. Mais aucun chrétien ne peut se

contenter d’une fausse unité. Et de souligner la valeur fondamentale de la

prière, tant l’oecuménisme est une affaire qui dépasse les forces humaines.

(apic/mp)

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