apic/eveque /Bâle/Election
Dans l’attente confiante d’un nom
Soleure, 14janvier(APIC) Les dix-huits chanoines du chapitre cathédral
ont procédé vendredi à Soleure à l’élection du nouvel évêque de Bâle. Le
nom de l’élu ne sera cependant pas connu avant la confirmation de l’élection par le Vatican. Une procédure qui peut durer quelques jours, voire
quelques semaines. Répondant à certains articles de presse qui avaient remis en cause ces jours derniers le maintien du secret, la Conférence diocésaine assure que la crainte de voir le Vatican en profiter pour faire pression sur l’élu, n’est pas fondée. La confiance règne, dit-on après un entretien avec le nonce apostolique. Le Vatican a l’intention de respecter
strictement le concordat établi en 1828 entre le Saint-Siège et les cantons
du diocèse.
Les chanoines réunis à l’évêché de Soleure, à la maison Steinbrugg,
avaient revêtu pour l’occasion le rochet, le camail violet et leur croix
pectorale, insignes de leur « pouvoir ». « Pour la plupart d’entre nous, cette
élection est une première », explique le chanoine Jacques Oeuvray, le benjamin du chapitre, avant d’entrer dans la chapelle baroque dédiée à saint Jean. Après la célébration de la messe, présidée par Mgr Joseph Candolfi,
évêque auxiliaire qui assure ad interim la direction du diocèse, les chanoines se sont rassemblés dans la salle du chapitre où ils ont passé le restant de la matinée à établir une liste définitive de six candidats. On se
souvient que plus d’une centaine de noms étaient sortis de la consultation
faite dans le diocèse.
Avant de se retirer à huis-clos les chanoines se sont prêtés à la traditionnelle séance de photos sur la terrasse du palais épiscopal. Ils n’étaient au départ que quatorze et ce n’est qu’après quelques minutes que le
chanoine Max Hofer est parvenu à retrouver les quatre retardataires. Large
sourire sur les visages. Les journalistes ont même pu jeter un oeil dans la
salle du chapitre aux lambris pâles décorés de scènes mythologiques aux
déesses peu vêtues, aux lustres de cristal et à la cheminée de marbre.
La liste des candidats établie à l’issue des délibérations des chanoines
a ensuite été transmise à la Conférence diocésaine regroupant deux délégués
de chacun des 10 cantons qui forment le diocèse. Rassemblée à l’ancien Hôtel des ambassadeurs, aujourd’hui bâtiment de la police cantonale, cette
conférence peut, après discussion, à la majorité des cantons, biffer un ou
plusieurs candidats et empêcher ainsi leur élection. Elle ne communique
normalement pas le résultat de cette consultation. Les chanoines pourront
néanmoins savoir à leur demande si l’élu a recueilli ou non des avis négatifs.
Dans un communiqué, la Conférence diocésaine note avec satisfaction que
les craintes exprimées par certains, notamment le théologien Hans Küng,
quant aux possibles pressions du Vatican sur l’élu, puisque son nom n’est
pas immédiatement publié, n’étaient pas fondées. La presse avait émis des
doutes à ce propos quant au respect de l’esprit sinon de la lettre du
concordat. Un entretien à la nonciature jeudi soir a montré clairement la
confiance réciproque entre le chapitre, la Conférence diocésaine et le
nonce apostolique, ainsi que la volonté du Vatican de s’en tenir aux termes
du concordat, assure la Conférence.
La liste est ensuite retournée chez les chanoines qui ont procédé à
l’élection proprement dite à la majorité absolue et à bulletin secret. Le
nom de l’élu a été immédiatement communiqué au nonce apostolique qui doit
entreprendre la procédure « d’information » prévue par le droit canon. Une
enquête destinée à vérifier que l’élu à les qualités requises par le droit
et que son élection peut être confirmée par Rome. Répondant à l’Agence
APIC, le nonce Mgr Karl-Josef Rauber a indiqué que le nouvel évêque devait
être avant tout un homme de foi, un véritable ’bon pasteur’, ouvert à
l’Eglise universelle. Le nouvel évêque doit être accepté non seulement par
l’Eglise romaine, mais aussi par les gens du diocèse.
Dans l’homélie adressée à ses confrères, lors de la messe qui a ouvert
la journée, Mgr Anton Cadotsch, prévôt du chapitre cathédral, a fait référence à l’épisode de la tempête apaisée pour redire la parole du Christ aux
apôtres: « Prenez courage, c’est moi, n’ayez pas peur ». Lors de l’élection
de l’évêque nous ne devons pas oublié que c’est Dieu lui-même qui conduit
et accompagne son Eglise, a souligné le prévôt. Quant au candidat idéal,
Mgr Cadotsch le définit selon les Actes des Apôtres. « Il faut qu’un homme
se joigne à nous pour être témoin de la résurrection du Seigneur Jésus. Cet
homme doit être l’un de ceux qui nous ont accompagné tout le temps que le
Seigneur Jésus a parcouru le pays avec nous… » En d’autres termes l’évêque
doit exercer sa tâche en communion avec les autres évêques et les apôtres.
Ou encore, selon le mot de saint Augustin, « Avec vous je suis chrétien,
pour vous je suis évêque ».
Mgr Cadotsch s’est en outre également élevé contre les tentatives, par
des fuites organisées, de saper les rapports de confiance entre le chapitre
cathédral, le nonce apostolique et la conférence diocésaine. Le chapitre ne
se laisse pas influencer a-t-il assuré, même s’il connaît les blessures et
les difficultés causées par des nominations d’évêques en Suisse et à
l’étranger. (apic/com/mp)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse