apic/Brésil/Eglise
Que les autorités ecclésiatiques sortent de leur léthargie mortelle
Petropolis (Brésil), 14janvier(APIC) «L’Eglise catholique qui fut au Brésil une force historique des pauvres est en train de se laisser gagner lentement par la paralysie». Cette affirmation désanchantée est de Pedro Ribeiro de Oliveira, professeur de sociologie à l’Université fédérale de Juiz
de Fora (Minas Gerais) et à l’Institut théologique franciscain à Petropolis
(Rio de Janeiro), dans un article publié par la revue «Rede».
Pedro Ribeiro de Oliveira, un laïc catholique bien connu au Brésil, rappelle d’abord que les efforts pastoraux actuels, surgissant de la base,
sont parfois censurés par les autorités ecclésiatiques: «Ces autorités
craignent la démocratie, cultivent une position défensive et se méfient des
innovations». Il est temps, poursuit le sociologue brésilien, qu’elles sortent de cette léthargie mortelle et qu’elles reprennent le dialogue avec le
monde, comme elles le faisaient courageusement dans les décennies 1970 et
1980 en assumant alors la défense des droits de l’homme et des pauvres».
Le professeur de l’Université affirme en outre que les laïcs expérimentent que l’Evangile ne passe pas uniquement par les canaux officiels de
l’Eglise, mais qu’il se vit à travers les communautés ecclésiales de base
et les groupes populaires animés par des agents pastoraux laïcs. Ces derniers ne demandent d’ailleurs pas toujours la permission aux autorités ecclésiatiques pour exister et agir au milieu de la grande Eglise. La base
est davantage intéressée à la vie spirituelle qu’à la vie ecclésisatique.
Sa théologie est chaque jour davantage biblique, oecuménique et maintenant
écologique. «Les gens ne renient certes pas le catholicisme romain à qui
ils doivent leur naissance dans la foi chrétienne, mais ils ont déjà coupé
le cordon ombilical et cheminent en direction d’une nouvelle présence chrétienne dans la société brésilienne, comme signe efficace de la «Bonne Nouvelle de Jésus». Roberto Ribeiro conclut: «Il reste à espérer que nos évêques et nos prêtres sachent discerner dans cette réalité les semences
d’avenir et nous confirment sur le chemin que nous prenons». (apic/em/ba)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse