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Saint-Siège et Pékin inquiète les catholiques clandestins
Pékin/Paris, 12janvier(APIC) La nouvelle d’une éventuelle normalisation
des relations entre le Saint-Siège et les autorités de Pékin sème l’inquiétude parmi les catholiques « clandestins » de Chine, annonce mercredi l’agence d’information « Eglises d’Asie » (EDA) à Paris. Les catholiques non officiels ont peur d’être sacrifiés sur l’autel des concessions exigées par le
réalisme politique.
EDA a obtenu et traduit le document original en chinois, dans lequel la
Conférence épiscopale catholique « clandestine » de Chine – à ne pas confondre avec la Conférence épiscopale officielle reconnue par le gouvernement
communiste – demande au Vatican que les intérêts des catholiques soient
pris en compte avant le rétablissement des relations dipomatiques avec Pékin.
Le document en douze points – jusqu’ici peu connu à l’extérieur du pays
– a été distribué par le secrétariat de l’épiscopat « clandestin » chinois à
l’issue d’une réunion qui a eu lieu les 9 et 10 juillet quelque part dans
le Nord-Ouest de la Chine. Les participants étaient, selon des sources de
Taïwan, trois évêques, neuf prêtres et plusieurs délégués laïcs venant de
neuf diocèses du pays.
Fidélité au pape
Mettant l’accent sur leur fidélité au pape, les auteurs du document commencent par déclarer que la nouvelle d’une éventuelle normalisation des relations entre la Chine populaire et le Vatican a provoqué des discussions
« véhémentes » parmi eux concernant la conduite à tenir. Ils expriment aussi
une certaine inquiétude quant aux résultats éventuels de cette
normalisation sur l’avenir de l’Eglise catholique en Chine.
Tout en reconnaissant que les deux parties auront à faire des concessions, les catholiques non reconnus officiellement (appelés communément
« clandestins », bien que les organes de sécurité chinois les surveillent
souvent de près!) demandent que le Vatican s’assure de la non-intervention
du parti communiste chinois dans les affaires internes de l’Eglise comme la
nomination des évêques. Les propriétés et les bâtiments d’Eglise confisqués
par l’Etat doivent être rendus immédiatement et sans conditions, et la liberté religieuse pleinement appliquée.
L’Eglise « clandestine » exige la dissolution de l’Association patriotique
des catholiques de Chine et de la Conférence des évêques officielle reconnue par le gouvernement. Les évêques qui en sont membres pourront rejoindre
la Conférence épiscopale fidèle à Rome, « seule légitime », s’ils remplissent
certaines conditions: ne pas être mariés (comme c’est le cas de quelques
évêques « officiels »), ne pas avoir été de trop zélés promoteurs de l’Association patriotique.
Les évêques « clandestins » ont peur d’être sacrifiés par le Vatican
Les évêques « clandestins », note Anthony Lam Sui-ki, spécialiste des affaires religieuses en Chine au Centre du St-Esprit à Hong Kong, ont peur
que leur statut ne soit plus reconnu à l’avenir, étant donné que la Conférence épiscopale qui s’est constituée clandestinement en 1989 n’a pas été
approuvée formellement par Rome, pas plus que la Conférence des évêques officielle. A. Lam estime que le Vatican devra tenir compte des points contenus dans le document des catholiques « clandestins » pour définir sa politique vis-à-vis de la Chine. (apic/eda/be)
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