Bruxelles: «pour une Eglise sans pouvoir, servante et pauvre» (090194)

Conférence européenne des droits et des libertés dans l’Eglise catholique

Bruxelles, 9janvier(APIC) «L’exercice démocratique et évangélique de

l’autorité dans l’Eglise» a été le thème-clef de la Conférence européenne

des droits et libertés dans l’Eglise (CEDLE), qui a tenu ses assises annuelles, du 6 au 9 janvier, à Bruxelles. Des représentants de 11 pays ont

également élaboré une déclaration solennelle, en 22 articles, sur les

droits et les libertés à remettre en valeur dans l’Eglise catholique. Ils

ont aussi envisagé la création d’une association internationale en vue de

veiller à l’application des droits civils dans l’Eglise.

Les membres de la CEDLE réunis à Bruxelles sont, dans leur pays d’origine, membres de comités analogues pour les droits humains dans l’Eglise,

tels que par exemple, le réseau germanophone pour une Eglise en liberté

(»Kirche im Aufbruch» en Allemagne) ainsi que divers groupes de base.

Les deux premiers paragraphes de la déclaration finale indiquent

l’esprit qui a présidé aux travaux des trois journées sur le thème: «Une

Eglise sans pouvoir». «Seule une Eglise sans pouvoir, servante et pauvre,

peut témoigner de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ», est-il affirmé. «Le

fonctionnement hiérachique actuel et certaines gestions autocratiques et

partriarcales des institutions de l’Eglise catholique romaine obscurcissent

ce message libérateur».

Nous reconnaissons, précisent les signataires de la déclaration finale,

comme valeurs évangéliques les acquis positifs de la démocratie, notamment

le respect des droits humains et des libertés fondamentales individuelles

et communautaires. «L’Eglise les prône officiellement pour les sociétés civiles sans les mettre suffisamment en pratique elle-même».

22 articles

C’est parce que les catholiques de divers pays ont rencontré dans

l’Eglise catholique des difficultés pour faire valoir certains droits ou

affirmer certaines libertés que des groupes se sont formés pour prendre ces

problèmes en considération. Parmi les difficultés que la CEDLE a eu à débattre, depuis sa création en 1990, on a cité, entre autres: des nominations refusées sans motifs à des professeurs d’université; l’absence d’un

droit des paroisses à disposer de leurs prêtres; le refus du droit au mariage pour les prêtres, l’absence d’une séparartion des pouvoirs dans

l’Eglise; les limites posées au droit à la libre expression; l’inégalité

d’accès aux fonctions de direction pour les femmes et les hommes;

Un livre

Pour illustrer la recherche qu’elle entend promouvoir, la CEDLE a présenté à Bruxelles le premier livre dont elle a assumé la responsabilité

éditoriale. Publié sous le titre «Disciples et discipline»,(Ed. Leuven Peeters, 1994, 214 pages) l’ouvrage, rédigé en anglais, réunit les contributions de divers pays pour alimenter le débat européen sur les droits de

l’homme dans l’Eglise catholique, comme l’indique le sous-titre. Cette étude internationale ne dresse pas un inventaire complet, mais présente plutôt

diverses facettes du problème: depuis la protection juridique dans l’Eglise

jusqu’à l’exercice de la démocratie, en passant par les nominations controversées de certains évêques, la situation des femmes dans l’Eglise, celle

des prêtres mariés ou encore homosexuels.

Un exemplaire du livre sera offert à Mgr Miloslav Vlk, archevêque de

Prague et président du Conseil des Conférences épiscopales européennes,

avec lequel la CEDLE espère ainsi échanger un fructueux dialogue. L’an prochain la CEDLE tiendra son Congrès, du 5 au 8 janvier, à Budapest en Hongrie, d’où les communautés de base Bokor avaient délégué cette année une

représentante à Bruxelles. Au cours de leurs travaux dans la capitale belge, les participants ont aussi accueilli le professeur Leonard Swidler, responsable aux Etat-Unis de l’Association pour les droits des catholiques

dans l’Eglise.

Solidarité avec Mgr Ruiz et le président haïtien Aristide

Dans leur déclaration finale, les participants ont aussi exprimé leur

solidarité avec Mgr Samuel Garcia Ruiz, évêque de San Cristobal de las Casas, au Mexique «dans sa lutte pour la justice sociale dans son pays malgré

les tentatives du nonce apostolique de l’écarter de ses fonctions». Ils

lancent aussi un appel pour que le Vatican rompe ses relations diplomatiques avec Haïti et qu’il aide à remettre en place le président élu JeanBertrand Aristide. (apic/cip/ba)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/bruxelles-pour-une-eglise-sans-pouvoir-servante-et-pauvre-090194/