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Le cardinal Arns exige le doublement du salaire minimum
Brasilia, 18février(APIC) La Conférence nationale des évêques du Brésil
(CNBB) a ouvert officiellement Mercredi des Cendres la «Campagne de la Fraternité» (qui correspond à l’Action de Carême en Suisse) par la diffusion
d’un message spécial de Jean Paul II retransmis par la télévision. De son
côté, le cardinal Paulo Evaristo Arns, archevêque de Sao Paulo, a fustigé
dans sa cathédrale les députés brésiliens qui discutent d’une éventuelle
hausse, à ses yeux ridicule, du salaire minimum. L’archevêque de Sao Paulo
a fait répéter à son auditoire qu’il fallait au minimum doubler ce salaire.
Le message du pape fait le lien entre le Carême, un moment fort de préparation à la fête de Pâques, et l’effort entrepris par les chrétiens pour
mieux vivre les valeurs de la famille. Préoccupé par la crise qui atteint
actuellement la famille, une crise que diffuse les moyens de communications
et que vivent les diverses communautés du pays, le pape demande aux catholiques brésiliens de réfléchir aux moyens de surmonter cette crise. Il les
invite surtout à s’ouvrir à la conversion au Christ pour agir ensuite sur
la société.
Lors de la cérémonie d’ouverture de la Campagne de la Fraternité à Sao
Paulo, le cardinal Paulo Arns a rappelé que la faim et la misère dégradent
la famille. «D’ailleurs, a-t-il ajouté, la faim et la misère sont les conséquences tragiques du chômage, du manque d’habitations décentes et du désintérêt, voire de l’abandon, par le gouvernement brésilien, des programmes
d’éducation et de santé».
«100 dollars, au minimum!»
En pleine homélie, le cardinal aborde alors, sur un ton ironique, un sujet politique controversé: «Les députés brésiliens sont en train de discuter au parlement d’une hausse du salaire minimum. Ils examinent avec minutie si on peut passer de 55 à 57 dollars par mois !». S’adressant aux fidèles qui remplissent la cathédrale, il leur demande: «Répétez après moi: «Il
nous faut 100 dollars, au minimum!».
Connu au Brésil et dans le monde pour sa lutte en faveur des plus pauvres, le cardinal Arns n’hésite pas à affirmer que le peuple a vraiment besoin de démocratie. «On ne peut pas se contenter de démocratie pour les
élites!». L’expression «démocratie des élites» est aussi employée comme titre de chapitre dans le document de la pastorale sociale de la CNBB , intitulé: «Brésil: Alternatives et protagonistes».
Les statistiques données par la Campagne de la Fraternité montrent qu’en
1950, 62,9% des familles brésiliennes vivaient à la campagne et 37,1% dans
les villes. En 1990, les familles vivant en zones urbaines représentaient
76,8% du total et seulement 23,2% dans les campagnes. Durant la même période, le nombre moyen d’enfants par couple a passé de 3,7 à 1,9 . Malgré
l’augmentation constante de la population, le nombre de mariages est resté
stable, voire a diminué depuis 1980. En 1981 on enregistre environ 933’000
mariages et seulement 777’000 en 1990. La proportion des mariages religieux
a aussi diminué durant cette période. On compte 78’300 divorces en 1990, ce
qui représente plus du 10% des mariages. En 1980, ils atteignaient seulement 1,2% du total. Selon la CNBB, cette évolution est due à la modernisation de la société où l’indivualisme, un certain relativisme vis à vis des
valeurs traditionnelles, le pluralisme culturel et religieux et les contradictions sociales ont pris davantage d’ampleur qu’autrefois. (apic/em/ba)
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