Collombey: première rencontre romande des responsables (060294)
Collombey, 6février(APIC) Les responsables romands de la pastorale du
tourisme et des loisirs (PTL) se sont retrouvés samedi au monastère des
Bernardines de Collombey, en Valais, pour un échange d’expériences en vue
de la constitution d’une équipe romande capable de saisir les enjeux et de
relever les défis de cette pastorale.
Près d’une trentaine de personnes, prêtres et laïcs exercant une profession en lien avec le tourisme ont participé aux échanges autour de l’abbé
Michel Robatel, délégué pour la pastorale du tourisme du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Parmi elles les vicaires épiscopaux Jacques Banderet, de Fribourg, et André Duruz, de Neuchâtel. Côté protestant on notait
entre autres la présence de Jacques Brunschweiler, membre romand du Conseil
« Eglise et tourisme » de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse
(FEPS).
En introduction l’abbé Robatel a souligné quatre défis: Existe-t-il un
droit au loisir? Que fait l’homme de son temps libre? Quelle attention,
dans la PTL, aux ouvriers du tourisme? Quelle solution au loisir forcé
qu’est le chômage? A une époque où ’l’homo faber’ devient toujours plus un
’homo ludens’, où le travail pour beaucoup n’est plus le centre de l’existence, que proposer au touriste désireux de faire de ses vacances un lieu
de culture, de convivilaité, de créativité, de réflexion?
L’expérience du diocèse de Sion
L’expérience de la pastorale du tourisme dans le diocèse de Sion a servi
de fil conducteur à la discussion. Bernard Paccolat, son responsable, a défini la PTL comme une pastorale de mission et d’accueil qui cherche à annoncer l’Evangile à l’homme en temps libre, caractérisé par la mobilité.
S’appuyant sur les documents pontificaux, la PTL a d’abord pour tâche de
préparer les fidèles à l’expérience de la mobilité et par là à la découverte de l’autre. Qu’on se trouve dans une paroisse d’envoi, émettrice de touristes, ou dans une paroisse d’accueil. Ce qui implique un changement de
perspective dans une Eglise qui durant des siècles a privilégié surtout le
travail. Il faut revaloriser le temps libre.
« Notre mission est de mettre Jésus au coeur des plaisirs de notre monde
comme un plaisir sublimant tous les autres. La PTL est une pastorale de la
joie et de la fête », a affirmé lors de la prière l’abbé Jean-François Cherpit, responsable de la PTL dans le canton de Vaud.
Jean-Claude Seewer, directeur de l’école suisse du tourisme à Sierre et
membre du bureau de la PTL du diocèse de Sion, a retracé les étapes du
cheminement de la PTL. En 1989, des journées d’échange ont permis de
souligner la nécessité d’oeuvrer avec les milieux touristiques, de mieux
cerner l’identité de ’l’homo touristicus’, de réfléchir à l’indentité des
paroisses d’accueil et enfin de mettre sur pied dans le diocèse des équipes
de pastorale du tourisme. Jean-Claude Seewer a mis en évidence le fait que
la PTL doit faire partie intégrante de la pastorale diocésaine.
Le chanoine Louis-Ernest Fellay a présenté son activité sur le terrain,
dans sa paroisse de Verbier, des promenades et prières en montagne aux liturgies en plusieurs langues animées par divers groupes, structurées ou
spontanées, en passant par les relations avec les offices du tourisme, les
hôlteliers et les sportifs. Sans oublier les ouvriers du tourisme, travailleurs saisonniers souvent confrontés à des conditions précaires. Pour le
chanoine Fellay l’essentiel est de favoriser la rencontre entre l’Eglise et
le monde du tourisme, en créant un climat d’accueil et en suscitant les solidarités.
Redéfinir la notion de paroisse
La table ronde qui a suivi a permis de soulever des questions essentielles pour la PTL: Quelle pastorale pour les lieux de pèlerinages? pour les
campings? Quelle pastorale pour les hauts-lieux de la foi, les monastères?
Les participants ont reconnu à ce propos la nécessité de disposer de guides
formés pour mettre en valeur le patrimoine religieux. Quant aux monastères
tout en gardant leur spécificité, ils doivent éviter le piège du refuge
pour les mécontents des paroisses ou les nostalgiques. Sur le plan oecuménique, chacun est invité à conserver son identité, mais aussi à s’enrichir
des expériences de l’autre.
En arrière-plan se sont dégagés les défis de la PTL en Suisse romande.
En particulier le conflit dans le domaine des sacrements entre la paroisse
territoriale et la paroisse communautaire, la multiplication de lieux de
cultes et par là la dispersion des offices religieux. Des défis qu’on se
propose d’affronter par la création, suggérée par l’abbé Robatel, d’un bureau romand de la PTL composé d’un prêtre et d’un laïc par canton. L’idée
doit encore mûrir dans la coordination avec la PTL au plan suisse. (apicid/mp)
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