Mali: L’Eglise catholique a fêté le Ier centenaire de l’évangélisation
Bamako, 30mars(APIC) L’Eglise catholique au Mali a fêté récemment le premier centenaire de l’évangélisation. Minoritaires dans un pays à plus de
80% de musulmans, les communautés chrétiennes restent dynamiques, actives
et respectées. Leur secret: lier la foi au développement. L’exemple du diocèse de San.
«Vous ne pouvez annoncer l’Evangile à quelqu’un qui a faim». Alain, ingénieur agronome et directeur du Centre d’animation rurale (CFAR) de Zura
sait de quoi il parle. Depuis plus de 10 ans, il travaille avec les paysans
et dirige le volet «agriculture durable». Sa préoccupation principale? Améliorer les conditions de vie du monde paysan pour mieux les disposer à recevoir le message chrétien.
C’est aussi ce que la pastorale sociale du diocèse de San voudrait traduire dans la réalité. S’appuyant sur les encycliques «Populorum progressio» (1967), «Sollicitudo rei socialis» (1987), elle invite les chrétiens à
participer au développement du genre humain en conduisant l’homme et la
femme vers un avenir meilleur, à la lumière de l’Evangile. On parle aujourd’hui au Mali de pastorale d’ensemble. Diverses activités y trouvent
place. Avec comme souci principal de lier la foi et le développement.
Un environnement inquiétant
Le pays traverse aujourd’hui une situation très inquiétante. On assiste
depuis plus de 20 ans à la diminution des pluies. Les sols se fragilisent
par l’érosion et la disparition du couvert végétal. Socialement, avec
l’augmentation de la population, on constate un exode rural qui vide les
campagnes tout en grossissant les villes et le lot de personnes sans travail.
Dans le diocèse de San, les agents pastoraux ne veulent pas rester les
bras croisés devant un tel diagnostic. Ils se mettent à l’oeuvre et peuvent
déjà présenter un certain nombre d’acquis: activités de jeunes plus ou
moins lettrés, associations villageoises disponibles et entreprenantes pour
des projets communs. Les réalisations ponctuelles, individuelles ou collectives, se comptent par dizaines. Même si des lacunes en raison des insuffisances de connaissances sont constatées et que les gens ne voient pas
toujours l’efficacité dans le cours terme, le milieu humain se développe.
Et cela grâce à différents concours. Dont ceux de l’Eglise à travers le Secours catholique malien (SECAMA), les Centres de formation et d’animation
de Zura, Mais aussi grâce aux interventions de l’Etat et d’Organisations
non gouvernementales (ONG).
Au niveau du diocèse, la pastorale sociale est organisée par la Commission diocésaine d’action sociale et caritative, ainsi que par la commission
locale «Justice et Paix». Jusque dans les années 80, les agents pastoraux
étaient pratiquement seuls à travailler dans le terrain. Depuis, quelques
ONG comme SOS-Sahel se sont installées. Elles collaborent étroitement avec
les services diocésains.
L’effort visé par l’action sociale de l’Eglise touche un certain nombre
de réalisations: puits, micro-barrages, lutte anti-érosive, agriculture durable et éducation apportée aux paysans afin de préserver et développer les
ressources naturelles, de maîtriser la fertilisation des sols, de retenir
l’eau et la terre. La santé occupe une grande place, comme la promotion de
la femme du reste, même si cette dernière «mission» n’est pas toujours reconnue, et malgré le fait que la femme africaine joue un rôle social et
économique essentiel. (apic/ad/pr)
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